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mardi 27 juin 2017

Sport en Séries : GLOW




La dernière fois que j'ai recommandé une série (Pitch) elle n'a pas été reconduite pour une seconde saison. Espérons que Glow (Netflix) aura un sort meilleur. Durant les 10 épisodes on suit le lancement de la fédération de catch GLOW, acronyme de Gorgeous ladies of Wrestling. Voici 5 bonnes raisons de se laisser tenter. 

mardi 13 mai 2014

La streak de l'Undertaker : quand meurent les légendes

Il existe un je ne sais quoi de rassurant dans la longévité des choses qui perdurent. J'imagine que beaucoup de lecteurs de ce blog sont nés alors que l'Eurovision était déjà kitsch et mourront que ce show existera encore. Mes plus jeunes étudiants n'ont connu que Montel et Monfort au service des sports de France Télévision comme d'autres ont grandit avec le duo Larqué-Rolland et Guy Roux à Auxerre. Des rengaines si rassurantes, si persistantes et évidentes qu'on finit par les croire immortelles. A "immuable" dans le dictionnaire, il devait y avoir une photo de l'Undertaker. 21 victoires pour 0 défaite à Wrestlemania, l'événement majeur de la WWE. Mais ne dit-on pas que toutes les bonnes choses ont une fin? Le 6 avril 2014, pour la trentième édition du Superbowl du catch, l'imprévisible a eu lieu.

dimanche 7 avril 2013

Wrestlemania se digitalise

La WWE est assurément l'une des entreprises sportives les plus innovantes. Elle se positionne à la 9ème place du classement "sport" de Fanpagelist avec 11,7 millions de fans facebook et 2,3 millions de followers. C'est mieux que l'UFC (son principal concurrent sur ce créneau), la NFL ou encore les New York Yankees. La firme de Stamford a toujours misé sur l'engagement de ses fans et a adopté au plus tôt les nouveaux médias.


jeudi 24 mai 2012

Où ça parle de catch, de la WWE et de bibliographie

En mars dernier, à l'occasion de Wrestlemania, je proposais un billet sur la WWE inspiré du chapitre d'ouvrage "Be ready to be excited - Stratégie marketing et modèle économique de la WWE" paru dans Néo-marketing du sport. Regards croisés entre Europe et Amérique du Nord (In M. Desbordes & A. Richelieu - Eds.) chez De Boeck.

Une version en langue anglaise de cet ouvrage vient de paraitre chez Routledge : Global Sport Marketing. Contemporary issues and practice.




Penser le catch

Et je ne suis pas le seul universitaire à parler de catch. En début d'année prochaine se tiendra à l'Université de Bordeaux 3 un colloque international intitulé « Le catch et… », mise en scène et passage des frontières. Je reproduis ici l'argumentaire :

Depuis  les Mythologies, les études culturelles ont bien perçu que le catch pouvait être plus qu’un choc frontal de deux masses musclées et huileuses sous le regard d’une foule partiale. Bien qu’il ait reçu l’attention de personnalités aussi diverses que Barthes (« Le monde où l’on catch », 1957), Henry Jenkins (« Never Trust a Snake. WWF Wrestling as Masculine Melodrama », 1997) ou Angela Carter (« Giants’ Playtime », 1976), et bien qu’il fasse l’objet d’une attention universitaire soutenue aux Etats-Unis, le catch n’a pourtant pas fait en France l’objet d’un travail qui en épuiserait les possibilités et les significations, sans se limiter à la tétralogie masculinité, popularité, excès et rituel.


Sport fiction, sport simulacre, le catch s’établit d’emblée sur une frontière entre deux univers. Dans les Amériques, cette notion du catch comme une interface outrancière articulant la rencontre de plusieurs modalités spectaculaires, de plusieurs courants culturels et de plusieurs identités ne saurait être exagérée. Ainsi, le catch professionnel aux États-Unis suscite-t-il en retour un regain d’intérêt pour son pendant mexicain, illustré par un film comme Nacho Libre (2006). Réciproquement, le catch mexicain s’est fait une spécialité de l’emprunt à la culture populaire américaine, rebaptisant le catcheur El Santo « Superman », ou donnant plus récemment à une équipe le surnom de « Justice League ». Ainsi encore, le catch propose-t-il à ses acteurs des passerelles vers le cinéma (Dwayne Johnson, « The Rock », vu par exemple dans Southland Tales (2006)) ou même vers la politique (Linda McMahon, candidate pour le Sénat des Etats-Unis, Jessie "The Body" Ventura, devenu gouverneur du Minnesota). Le catch est aussi un sujet fertile de représentations : que l’on pense à The Wrestler, de Daren Aronofsky (2008) , aux bandes dessinées de Jaime Hernandez (Love and Rockets, 1982- ) ou encore aux photographies de Dulce Pinzon (The Real Stories of Superheroes) mettant en scène des travailleurs mexicains aux États-Unis habillés en catcheur ou en super-héros. Ce colloque cherchera à identifier ce qui rend le catch si propice au développement de ces transitions, extensions et passage de frontières.


Il explorera pour cela d’une part le catch lui-même, son économie, sa forme et sa réception, mais aussi et surtout les multiples interfaces qu’il propose, dans une approche résolument pluridisciplinaire. « Le catch et… » Le catch et la qui accompagne chaque match, discours qui répondrait alors, sans surprise ou presque (rôle du cliché, des agencements forme-sens prototypiques), aux attentes d’un public ? frontière mexicaine, le catch et le cinéma, et le catch et les formes d’identités, le catch et l’art, le catch et la télévision, le catch et les autres sport-spectacles, etc. D’autre part, l’analyse de ce genre de discours, si particulier, que constituent les mots du catch pourra être abordée de diverses façons en linguistique tout autant qu’en stylistique. La plus évidente correspond à la mise en récit qui accompagne cette mise en scène. Quelle histoire nous est racontée ? Sur quels types de représentations culturelles et sur quelles stratégies discursives récurrents repose-t-elle ? L’étude des isotopies, au sein du lexique, tout autant que celle des figures de style peut apporter un éclairage supplémentaire sur les thèmes du colloque. Comment, par exemple, fonctionne le processus d’identification ? Existe-t-il un codage, lato sensu, du « discours du catch »


D’après le propos exposé plus haut et sans que cela soit exhaustif, nous proposons de traiter les axes suivants :
  • histoire culturelle et économique du catch dans les Amériques
  • stratégies d’exportation et spécificité de la réception française
  • le catch comme récit transmédiatique (incluant toutes circulations entre médias et problématiques de l’adaptation)
  • esthétique spectaculaire et représentation du corps, etc.

Une bibliographie "catch"

Le programme est passionnant n'est-ce pas? Si vous souhaitez aller plus loin, voici une courte bibliographie. Lorsque cela est possible, je mets un lien vers le document source.


Assael, S., & Mooneyham, M. (2002). Sex, Lies and Headlocks. The Real Story of Vince McMahon and the World Wrestling Entertainment. New York: Three Rivers Press.

Ashley, F. B., Dollar, J., Wigley, B., Gillentine, J. A., & Daughtrey, C. (2000). Professional Wrestling Fans: Your Next-Door Neighbors? Sport Marketing Quarterly, 9(3), 140-148. (résumé)

Barthes, R. (1957). Le Monde où l'on catche. in. Mythologies. Paris: Editions du Seuil. (extraits)

Costantino, O., & Gordon, C. (2009). Fake Rules, Real Fiction: Professional Wrestling and Videogames. digra.org (Digital Games Research Association).

De Garis, L. (2005). The "Logic" of Professional Wrestling. In N. Sammond (Ed.), Steel Chair to the Head: The Pleasure and Pain of Professional Wrestling (pp. 192-212). Durham & London: Duke University Press.

Foley, M. (2001). Foley is Good: And the Real World is Faker Than Wrestling. New York: Harper.




Greenberg, K. E. (2000). Pro Wrestling: From Carnivals to Cable TV. Minneapolis: Learner Publishing.

Jenkins III, H. (2005). "Never Trust a snake" : WWF Wrestling as Masculine Melodrama. In N. Sammond (Ed.), Steel Chair to the Head: The Pleasure and Pain of Professional Wrestling (pp. 33-66). Durham & London: Duke University Press.

Lamoureux, Christophe. (1993), « La grande parade du catch. », Presse Universitaire du Mirail

Lunel, Arnaud. (2001), Une sociologie du catch? DESS (125), 49-53

Mazer, S. (1998). Professional Wrestling. Sport and Spectacle. Jackson: University Press of Mississippi.

Mazer, S. (2005). Real” Wrestling/ “Real” Life. In N. Sammond (Ed.), Steel Chair to the Head: The Pleasure and Pain of Professional Wrestling (pp. 67-87). Durham & London: Duke University Press.

Mons, B. (2008). Les corps à corps du catch. Vacarme (48).


j'ai ça dans ma bibliothèque. Mais c'est pour le travail hein !


Pour aller plus loin : 

Sur WWE.corporate/, vous aurez accès aux rapports financiers annuels de la WWE et aux résultats trimestriels de la firme.




Les derniers résultats financiers de la WWE. Ça se trouve sur wwe.corporate



Pour aller plus loin sur le modèle éco de la WWE :
"Stephanie McMahon at the WWE 2012 Business Partner Summit"

samedi 31 mars 2012

WrestleMania : ce n'est pas une plaisanterie.

L'évènement marquant du week end n'est pas la somme des mauvais canulars du premier avril mais mais la plus belle des mascarades : WrestleMania XXVIII à Miami.

 

Et lorsque je dis "mascarade" ce n'est pas au sens figuré qui renvoie à une mise en scène trompeuse mais pour son sens premier : "un divertissement joué par des personnages déguisés". Alors oui, le spectacle de la World Wrestling Entertainment (WWE) est un peu factice, raison de plus pour essayer d'en comprendre ses ressorts avec un peu de légèreté. Pour déceler ce qu'est le catch en soi, il vous suffit de dévorer les excellents "cahiers du catch".



Mundus vult Decipi, Ergo Decipiatur

En complément, je reprends ici quelques extraits du chapitre "Be ready to be excited – Stratégie marketing et modèle économique de la WWE" que j'ai écrit dans Néo-marketing du sport - Regards croisés entre Europe et Amérique du Nord (ed : Michel Desbordes, André Richelieu). 

 
"Be ready to be excited, be ready to be entertained and be ready for anything", John Cena
Dans l’épisode intitulé « W.T.F. », les garçons de « South Park » décident de monter la Wrestling Takedown Federation après avoir assisté à un spectacle de la WWE. Tray Parker, le créateur de la série, parodie le catch et plus particulièrement la WWE en insistant sur la théâtralisation outrancière de ces spectacles qui prennent le pas sur les habiletés physiques des Superstars. Ce faisant, la série met en évidence une caractéristique fondamentale de ce divertissement : « Wrestling is drama ». 

Cela soulève de fait la question suivante : ce spectacle est-il vrai ou truqué ? Dans son autobiographie, le catcheur Mike Foley ne laisse planer aucun doute : « I’ll answer your question, or at least confirm your thoughts for you. Yes, wrestling is Entertainment, and no, I did,’t actually « win » the belt in the way that World Series or Super Bowls are won. » (Foley, 2001). Mais à vrai dire, la question de la véracité n’a aucune importance. Comme l’a détaillé Roland Barthes ("Le monde où l'on catche" dans Mythologies, 1957), peu importe aux spectateurs que le combat soit scénarisé, c’est un spectacle de l’excès qui emprunte son ressort dramatique aux tragédies grecques.
Il s’agit de jouer à croire et faire croire. Barnabé Mons (2009) rappelle que l’art du catch consiste à donner l’illusion des coups, à feindre de les donner avec conviction et de les recevoir avec douleur. Bret Hart, l’un des meilleurs catcheurs de l’histoire, explique que son art réside dans la façon de donner les coups de façon convaincante. La « plausibilité » (Believable) est une composante essentielle du combat de catch. Car, s’ils ne doutent jamais que le combat est arrangé, les fans adhérent aux émotions factices et surjouées des catcheurs et aux retournements de situation, tel qu’ils le feraient pour un vrai sport.
 Dans le magnifique documentaire wrestling with shadow, Bret Hart explique l'art du catch

Le récit et la narration étant déterminants dans le succès de ce divertissement, il faut alors considérer que le storytelling est le carburant du moteur expérientiel de la WWE. En effet, selon Christian Salmon (2007, pp. 16-17), le storytelling « plaque sur la réalité des récits artificiels, bloque les échanges, sature l’espace symbolique de séries et de stories. Il ne raconte pas l’expérience passée, il trace les conduites et oriente les flux d’émotions. (…) le storytelling met en place des engrenages narratifs, suivant lesquels les individus sont conduits à s’identifier à des modèles et à se conformer à des protocoles. »
Le spectacle de la WWE répond à un protocole vecteur d’émotions en fonction des rôles assignés à chacun (public, catcheurs, annonceurs, commentateurs). La WWE crée de l’expérience par la théâtralisation incessante de ses spectacles immergeant les spectateurs dans l’authentoc. Loin de susciter défiance ou résistance, le spectacle du catch nécessite l’adhésion du public qui fait semblant d’être dupé. Tout se passe comme si le public préférait le simulacre à la réalité. Pour reprendre l’expression de Christian Salmon (2007), nous pourrions dire de la WWE qu’à l’instar de Disney, elle est une industrie productrice d’émotions qui nous propose des fables collectives. C’est donc par ce positionnement singulier que la WWE est un spectacle et non un sport.

Quelques chiffres sur WreslteMania

  • L'année dernière, WrestleMania XXVII a attiré 71 617 dans le Georgia Dome d'Atlanta. L'événement qui se positionne comme "pop-culture extravaganza" a été diffusé en pay-per-view dans plus de 100 pays.
  • WM XXVII aurait généré un impact économique de 62,1M$ pour la ville d'Atlanta. 75% de spectateurs sont venus d'en dehors d'Atlanta (et de 30 pays) et 61% y sont restés 3 nuits ou plus.
  • Pour l'événement de demain, les billets ont été mis en vente en novembre dernier : les prix allaient de 25 à 850 $ et des  “Gold Circle” VIP Packages étaient disponibles à 1500$. 
  • Les affluences depuis WM XV : 
WM 15: First Union Center (Wachovia Center); Philadelphia, PA - 19,514
WM 16: Arrowhead Pond (Honda Center); Anaheim, CA - 18,742
WM 17: The Reliant Astrodome; Houston, TX - 67,925
WM 18: Skydome (Rogers Centre); Toronto, Ontario, Canada - 68,237
WM 19: Safeco Field; Seattle, WA - 54,097
WM 20: Madison Square Garden; New York, NY - 18,500
WM 21: STAPLES Center; Los Angeles, CA - 20,193
WM 22: Allstate Arena; Chicago, IL - 17,159
WM 23: Ford Field; Detroit, MI - 80,109
WM 24: Citrus Bowl; Orlando, FL - 74,635
WM 25: Reliant Stadium; Houston, TX - 72,744
WM 26: University of Phoenix Stadium; Glendale, AZ - 72,219
WM 27: Georgia Dome; Atlanta, GA - 71,617
WM 28: Sun Life Stadium; Miami, FL - ?
WM 29: MetLife Stadium; East Rutherfor, NJ- ?

J'aurai l'occasion de revenir plus en détail sur le modèle économique et marketing de la WWE. En attendant, j'espère avoir convaincu les sceptiques de se laisser tenter par la grande messe du catch qui constitue à mon sens, un must see du calendrier annuel du divertissement sportif US, au même titre que le superbowl ou le NBA All Star Game.


Au fait, je vous ai pas dit? 

Je pars aux Etats-Unis ce mois d'avril. Au programme quelques matches MLB, NHL et NBA. J'un déjà un billet pour les Knicks vs Clippers au MSG, comprenez donc que je vais voir J. Lin, C. Anthony, B. Griffin et C. Paul. Je serai aussi au premier week end de la Coachella. Je ne peux encore m'engager sur ma connectivité, mais je m'appliquerai au mieux à partager mes expériences sur mon compte twitter @bhelleu.