J'ai été sollicité par l'émission "les dessous de l'image" pour intervenir sur les enjeux marketing et les controverses des logos sportifs. Assez peu sûr des mes capacités sur un tel format, je décline d'ordinaire les interviews vidéos. Admiratif depuis longtemps du travail de Sonia Devillers et téléspectateur des dessous de l'image (je recommande par exemple l'émission consacrée à la photo de LeBron James lors de son record de points), j'ai surmonté mon appréhension pour répondre aux questions du journaliste David Caillon. J'ai pour ligne de conduite de n'intervenir que sur des sujets sur lesquels je me crois légitime en produisant un discours qui sort du sens commun ou en tous cas documenté par de la littérature académique. Travaillant sur le marketing du sport au sens large, j'ai amassé une documentation et une bibliographie importante sur la question du logo dans le sport. J'avais préparé soigneusement l'entretien. L'exercice de la captation vidéo est périlleuse lorsqu'on y est pas habitué aussi mon propos a pu manquer de précision. Je livre ici une version rédigée qui vaut par les références académiques précisées en fin d'interview et les quelques illustrations.
J'ai publié dans le numéro de septembre 2023 de la revue Jurisport un article intitulé "La Fan Expérience existe-t-elle?". Le projet était de contenter les professionnels et les universitaires / étudiants en rappelant les fondements théoriques de l'expérience spectateur, son évolution et sa mise en oeuvre. Avec l'accord de l'éditeur, je partage ici une version augmentée composée de trois temps : éléments de littérature, évolution de la fan expérience, le cas du baseball. Le billet du jour vaut surtout par sa bibliographie qui complète celle que j'avais partagée en 2018.
Le jeudi 1er février s'est tenu l'événement Think Football 2018 qui proposait des ateliers et conférences sur les applications, le parcours client et les stades connectés. A peu près au même moment, la Poste faisait valoir sa vision de la Fan Experience (vidéo suivante) qui fait d'ailleurs l'objet d'une catégorie primée aux Stadium Business Awards. Le prix est décerné au "stadium, arena or major sports venue that has delivered consistently outstanding levels of service and fan experience at every stage of the customer journey." Nous pourrions ici puiser de nombreux autres exemples dans l'actualité marketing récente pour montrer en quoi la question de l'accueil et de la satisfaction des publics de spectacles sportifs travaille les professionnels du secteur. Cela fait pourtant plus de 20 ans qu'il existe une littérature académique foisonnante envisageant le spectacle vivant comme une expérience de consommation immersive. Dans un chapitre à paraitre prochainement dans un ouvrage coordonné par Michel Desbordes, Pascal Aymar et Christopher Hautbois aux éditions Amphora j'essaie d'aborder ce concept en mêlant fondements théoriques et cas pratiques. Je livre ici un court extrait du chapitre. Les étudiants de plus en plus intéressés par la question trouveront la bibliographie complète du chapitre.
Bastien Soulé est Professeur à l'Université de Lyon 1. Directeur adjoint du Centre de Recherche et d'Innovation sur le Sport il est aussi responsable de la Licence Pro Gestion & Développement des Organisations Sportives. Ses travaux portent sur l'analyse des risques, les pratiques à risque ou encore la stratégie des organisations. C'est précisément ce dernier thème qui fait l'objet d'un ouvrage publié aux Editions De Boeck (dans la collection « Management & Sport ») avec ses collègues Eric Boutroy et Charles Gueye. Nous lui avons soumis 5 questions pour en savoir plus sur "Les organisations sportives et leurs stratégies".
Stefan Szymanski et Rodney Fort - tous deux de l'Université de Michigan - sont parmi les économistes du sport les plus brillants et prolifiques des 20 dernières années. Leurs ouvrages et articles ont embrassé l'ensembles des problématiques travaillant le sport professionnel : régulation des ligues, équilibre compétitif, rémunération des joueurs, financement...
Quelques étudiants studieux m'ont demandé une liste d'ouvrages à parcourir cet été pour préparer au mieux la rentrée prochaine. Le management du sport est un champ d'investigation scientifique encore jeune mais fertile. Gary Tribou, professeur de marketing du sport à Strasbourg, remarque dans un éditorial intitulé "un état de la recherche en management du sport":
"À la suite d’un premier colloque qui s’était déjà déroulé à Strasbourg en 1987 et la parution de l’ouvrage fondateur Sport & management en 1993 (éd. Loret, Dunod), la recherche en management du sport s’est, en effet, considérablement développée : d’autres ouvrages, une revue spécialisée (la Revue européenne en management du sport), des thèses, des publications dans des revues de niveau international ont contribué à conforter sa légitimité scientifique. Par ailleurs, elle a constitué un adossement indispensable au développement de nos offres de formation et de nos diplômes."
En annexe de cet éditorial paru dans le n°32 de la Revue européenne de management du sport, Gary Tribou propose une liste des ouvrages qui ont marqué le management du sport. Vous trouverez sur ce lien l'éditorial en question (format pdf).
Une liste d'ouvrages majeurs en management du sport et en langue française
Je circonscris ici ma proposition à quatre ouvrages récents, en français, et dédiés au marketing du sport. Ils ont en commun d'être parus dans l'excellente collection "Management & Sport" de De Boeck. Il ne s'agit pas ici d'un travail de recension. Les auteurs de ces livres ont leur réputation académique : c'est un gage de sérieux pour les étudiants soucieux de parfaire leurs connaissances. Voyez dans le descriptif de l'éditeur si le contenu répond à vos besoins.
oui je sais, je n'ai pas encore acheté "le marketing olympique"...
J'ai déjà rédigé sur ce blog une notice bibliographique dédiée au catch. Que le lecteur qui n'est passionné ni de marketing ni de la WWE se rassure, je vais prolonger ce travail de recommandation en ouvrant vers l'économie du sport, les ouvrages en langue anglaise et aussi les revues universitaires spécialisées. Je vous invite enfin à parcourir le blog de mon camarade Ludovic Lestrelin (invitation à la sociologie du sport) qui distille aussi ses conseils bibliographiques.
Et je ne suis pas le seul universitaire à parler de catch. En début d'année prochaine se tiendra à l'Université de Bordeaux 3 un colloque international intitulé « Le catch et… », mise en scène et passage des frontières. Je reproduis ici l'argumentaire :
Depuis les Mythologies, les études culturelles ont bien perçu que le catch pouvait être plus qu’un choc frontal de deux masses musclées et huileuses sous le regard d’une foule partiale. Bien qu’il ait reçu l’attention de personnalités aussi diverses que Barthes (« Le monde où l’on catch », 1957), Henry Jenkins (« Never Trust a Snake. WWF Wrestling as Masculine Melodrama », 1997) ou Angela Carter (« Giants’ Playtime », 1976), et bien qu’il fasse l’objet d’une attention universitaire soutenue aux Etats-Unis, le catch n’a pourtant pas fait en France l’objet d’un travail qui en épuiserait les possibilités et les significations, sans se limiter à la tétralogie masculinité, popularité, excès et rituel.
Sport fiction, sport simulacre, le catch s’établit d’emblée sur une frontière entre deux univers. Dans les Amériques, cette notion du catch comme une interface outrancière articulant la rencontre de plusieurs modalités spectaculaires, de plusieurs courants culturels et de plusieurs identités ne saurait être exagérée. Ainsi, le catch professionnel aux États-Unis suscite-t-il en retour un regain d’intérêt pour son pendant mexicain, illustré par un film comme Nacho Libre (2006). Réciproquement, le catch mexicain s’est fait une spécialité de l’emprunt à la culture populaire américaine, rebaptisant le catcheur El Santo « Superman », ou donnant plus récemment à une équipe le surnom de « Justice League ». Ainsi encore, le catch propose-t-il à ses acteurs des passerelles vers le cinéma (Dwayne Johnson, « The Rock », vu par exemple dans Southland Tales (2006)) ou même vers la politique (Linda McMahon, candidate pour le Sénat des Etats-Unis, Jessie "The Body" Ventura, devenu gouverneur du Minnesota). Le catch est aussi un sujet fertile de représentations : que l’on pense à The Wrestler, de Daren Aronofsky (2008) , aux bandes dessinées de Jaime Hernandez (Love and Rockets, 1982- ) ou encore aux photographies de Dulce Pinzon (The Real Stories of Superheroes) mettant en scène des travailleurs mexicains aux États-Unis habillés en catcheur ou en super-héros. Ce colloque cherchera à identifier ce qui rend le catch si propice au développement de ces transitions, extensions et passage de frontières.
Il explorera pour cela d’une part le catch lui-même, son économie, sa forme et sa réception, mais aussi et surtout les multiples interfaces qu’il propose, dans une approche résolument pluridisciplinaire. « Le catch et… » Le catch et la qui accompagne chaque match, discours qui répondrait alors, sans surprise ou presque (rôle du cliché, des agencements forme-sens prototypiques), aux attentes d’un public ? frontière mexicaine, le catch et le cinéma, et le catch et les formes d’identités, le catch et l’art, le catch et la télévision, le catch et les autres sport-spectacles, etc. D’autre part, l’analyse de ce genre de discours, si particulier, que constituent les mots du catch pourra être abordée de diverses façons en linguistique tout autant qu’en stylistique. La plus évidente correspond à la mise en récit qui accompagne cette mise en scène. Quelle histoire nous est racontée ? Sur quels types de représentations culturelles et sur quelles stratégies discursives récurrents repose-t-elle ? L’étude des isotopies, au sein du lexique, tout autant que celle des figures de style peut apporter un éclairage supplémentaire sur les thèmes du colloque. Comment, par exemple, fonctionne le processus d’identification ? Existe-t-il un codage, lato sensu, du « discours du catch »
D’après le propos exposé plus haut et sans que cela soit exhaustif, nous proposons de traiter les axes suivants :
histoire culturelle et économique du catch dans les Amériques
stratégies d’exportation et spécificité de la réception française
le catch comme récit transmédiatique (incluant toutes circulations entre médias et problématiques de l’adaptation)
esthétique spectaculaire et représentation du corps, etc.
Une bibliographie "catch"
Le programme est passionnant n'est-ce pas? Si vous souhaitez aller plus loin, voici une courte bibliographie. Lorsque cela est possible, je mets un lien vers le document source.
Assael, S., & Mooneyham, M. (2002). Sex, Lies and Headlocks. The Real Story of Vince McMahon and the World Wrestling Entertainment. New York: Three Rivers Press.
Ashley, F. B., Dollar, J., Wigley, B., Gillentine, J. A., & Daughtrey, C. (2000). Professional Wrestling Fans: Your Next-Door Neighbors? Sport Marketing Quarterly, 9(3), 140-148. (résumé)
Barthes, R. (1957). Le Monde où l'on catche. in. Mythologies. Paris: Editions du Seuil. (extraits)
De Garis, L. (2005). The "Logic" of Professional Wrestling. In N. Sammond (Ed.), Steel Chair to the Head: The Pleasure and Pain of Professional Wrestling (pp. 192-212). Durham & London: Duke University Press.
Foley, M. (2001). Foley is Good: And the Real World is Faker Than Wrestling. New York: Harper.
Greenberg, K. E. (2000). Pro Wrestling: From Carnivals to Cable TV. Minneapolis: Learner Publishing.
Jenkins III, H. (2005). "Never Trust a snake" : WWF Wrestling as Masculine Melodrama. In N. Sammond (Ed.), Steel Chair to the Head: The Pleasure and Pain of Professional Wrestling (pp. 33-66). Durham & London: Duke University Press.
Lamoureux, Christophe. (1993), « La grande parade du catch. », Presse Universitaire du Mirail
Mazer, S. (1998). Professional Wrestling. Sport and Spectacle. Jackson: University Press of Mississippi.
Mazer, S. (2005). Real” Wrestling/ “Real” Life. In N. Sammond (Ed.), Steel Chair to the Head: The Pleasure and Pain of Professional Wrestling (pp. 67-87). Durham & London: Duke University Press.