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vendredi 10 novembre 2017

Ma thèse en libre accès

Je viens de réaliser qu'il y a 10 ans (le 7 octobre 2007) je soutenais ma thèse intitulée Régulation des ligues sportives professionnelles : une approche géographique. Le cas du football européen (1975-2005). Ce travail, réalisé sous la co-direction de Christophe Durand et Loïc Ravenel, ce travail avait pour objectif de répondre à une simple question : dans quelle mesure le potentiel local des clubs de football professionnel est-il est un facteur de segmentation sportive? Positionnée dans le champ de la géographie et de l’économie du sport, cette recherche portait sur 18 championnats domestiques et sur les Coupes européennes de 1975 à 2005. L’analyse révélait que dans un contexte de croissance des enjeux financiers et de dérégulation de l’activité, les clubs des plus grandes villes renforçaient leur position dominante aussi bien à l’échelle nationale que continentale. Le spectacle sportif résidant dans le maintien de l’incertitude du résultat, un tel constat soulevait des enjeux politiques : n’assistait-on pas à une recomposition des solidarités qui pourrait se concrétiser par la mise en place d’une ligue fermée sur le modèle nord-américain ?

En somme le projet consistait à regarder un objet traité par des économistes du sport avec les yeux du géographe. La revue de littérature permet d'appréhender le concept d'équilibre compétitif tandis que la méthodologie emprunte à l'analyse spatiale et à la cartographie. Les données sont datées mais le lecteur trouvera dans le document une analyse des modèles de régulation européen et nord-américain du sport professionnel. Par ailleurs, il prendra la mesure que les tensions entre "petits" et "gros" qui affectent le football français existent depuis bien longtemps. 



le document comporte 368 pages, 61 figures, 58 tableaux, 19 cartes. 

quelques articles de ce blog sont issus ou inspirés de ma thèse : 

jeudi 7 juin 2012

OKC en finales NBA...

  ... pas si mal pour une ville qui n'avait aucune franchise de ligue majeure jusqu'en 2008.

De Seattle à Oklahoma

Lors de l'égalisation (2-2) du Thunder face aux Spurs en finale de conférence Ouest, je tombe sur un tweet d'Holly Kruse (@hollykruse), universitaire d'Oklahoma qui travaille sur les NTIC dans le sport. Elle écrit : " So apparently major league professional sports in Oklahoma is a thing now. Nice job, Thunder."
Je pars de ce tweet pour rédiger mon billet. Mené 2 à 0 dans la série, le Thunder atteint les finales en sortant les Spurs lors du match 6
La franchise d'Oklahoma s'appuie sur le talentueux Kevin Durant, MVP du All Star Game 2012 et meilleur marqueur de la ligue pour la 3ème saison de suite. Il faut aussi citer Serge Ibaka, défenseur exemplaire, Russel Westbrook, ou encore James Harden, élu meilleur sixième homme 2012. 

Songez surtout qu'Oklahoma City ne dispose de cette franchise que depuis 2008 ! Il ne s'agit pas d'une création mais d'une délocalisation puisque le Thunder opère dans la continuité des anciens SuperSonics de Seattle. En effet, en 2006, un groupe d'investisseurs d'OKC emmené par Clay Bennet acquière la franchise pour 350M$. La volonté affichée de déménager l'équipe soulève quelques réticences mais après une bataille juridique, les Sonics deviennent le Thunder et rejoignent la Chesapeake Energy Arena. Lors de sa première saison à OKC l'équipe termine bonne dernière de sa division. 


 

 Quelques vidéos pour comprendre la délocalisation Seattle/OKC


Une lecture géographique pour comprendre cette délocalisation

Voyez le chemin parcouru depuis. C'est l'occasion pour moi de vous inciter à lire cette article académique de circonstance qui a largement influencé dans mes travaux : 

Comer & Newsome (1998) : Will Major League Sports Ever Come to Oklahoma? (lien vers l'article en PDF)

En 1998, ces deux géographes s'interrogent sur la viabilité du marché d'Oklahoma City à accueillir une franchise de ligue majeure. Les auteurs rappellent l'échec de la ville à recevoir une équipe de hockey lors de l'expansion de la NHL en 1997. 
OKC, avec 1,3 millions d'habitants, est alors l'une des rares aires métropolitaines de cette taille sans aucune équipe professionnelle. Les géographes avancent 3 explications à cette situation :




  1. La concurrence régionale est forte : 16 équipes existent alors dans de grandes villes voisines (Dallas, Denver, Houston, Kansas City, San Antonio, St. Louis)
  2. Peu de densité urbaine, obligeant à aller chercher son public assez loin
  3. Peu d'habitants à l'échelle américaine : OKC reste une petite ville au 45ème rang des aires métropolitaines. 
Pour autant, Comer & Newsome prédisaient déjà :
"Ultimately, Oklahoma will probably host a major league professional sports team within the next two decades. With steady expansion by all four leagues becoming the norm in the 1990s, smaller and smaller cities are winning expansion franchises due to the saturation of the upper levels of the United States urban hierarchy. However, this trend clearly needs to continue for Oklahoma City to become a strong-enough contender to win an expansion franchise. Major league sports could come to Oklahoma sooner, however, should Tulsa or Oklahoma City entice an existing team to relocate. Currently, smaller cities without teams often find themselves being used as bargaining chips by team owners using the threat of relocation to try to extract better deals from their host cities. Every so often, though, a team actually does pull up stakes and move. This could be Oklahoma's best chance at hosting a major league team in the very near future."

Certes, OKC n'a qu'une seule franchise mais elle est compétitive. C'est l'une des forces du système de régulation nord-américain que de permettre aux équipes en difficulté de redevenir rapidement victorieuses. OKC illustre cela : il n'a fallu que 4 saisons pour que le Thunder passe de dernier de sa division à finaliste de la ligue.  

Ce matin je découvre donc la qualification d'OKC en finales et je tombe sur ce tweet de Matt Zimmerman (@Zimmsy, universitaire en Management du Sport) :

"Enough with the crying for the Sonics fans. Their team moved, that's life. Suck it up. No one cares. #RaidersFan #LakersFan #DodgersFan"

J'ai déjà abordé en partie les aspects géographiques de la régulation des ligues majeures dans deux billets : l'un consacré à la diffusion des ligues, l'autre à la délocalisation des Dodgers.

mardi 28 février 2012

L'encarté : Forbes Most Valuables Teams 2010

Voici une nouvelle rubrique. L'encarté c'est du "fait sportif"converti en carte.
C'est que je suis (aussi) géographe. De ceux qui affectionnent les infographies diverses et plus particulièrement le traitement cartographique des données. Les enseignements, les articles académiques, les rapports divers sont autant d'occasion pour moi de réaliser de jolies cartes. Voyez donc ma thèse qui en est truffée (lien vers le PDF), parcourez le rapport Arenas 2015 auquel j'ai collaboré ou encore cet article rédigé avec Nicolas Scelles (@scenic82) pour les Cahiers du foot.

Le principe est simple, je dépose ici une ou plusieurs cartes sans aller trop loin dans le commentaire. Au lecteur d'y déceler l’information géographie, d'identifier les vides et les pleins, les permanences et les mutations, les jeux d'échelles ou encore les processus de diffusion et de globalisation. 

Pour commencer : 


la valeur des franchises des 4 ligues majeures nord-américaines
(données :  Forbes 2010)
 (cliquez sur les cartes pour les agrandir)




Pour ne pas en rester là, vous pouvez lire mon article intitulé "La métropolisation du sport professionnel en Europe et en Amérique du Nord: une approche comparative" sur site de la revue en ligne Mappemonde. Les éditeurs ont fait un superbe travail d'animation des cartes.

Enfin, je ne peux me lancer dans cette série de billets consacrés à la cartographie des sports sans plébisciter l'ouvrage de référence de mon camarade Loïc Ravenel (@Loic_Ravenel) (co-réalisé avec Pascal Gillon et Frédéric Grosjean) : Atlas du sport mondial (2010, chez Autrement)