Si vous suivez ce blog avec assiduité, vous me savez amateur de la World Wrestling Entertainment (WWE). J'y ai consacré plusieurs billets et des articles académiques. Aussi, je n'ai pas hésité longtemps lorsque j'ai eu l'occasion d'aller voir Monday Night Raw au Barclays Center.
Le Barclays Center a été inauguré à Brooklyn en 2012. L'aréna héberge les Nets de Brooklyn (NBA) et les Islanders de New York (NHL) et accueille des concerts. En août, la WWE y a organisé des shows majeurs : Summerslam le dimanche 19 août et Raw le lendemain. J'ai assisté au show du lundi, produit et diffusé en direct, de la section 206 pour 69 dollars. Du coeur de Manhattan, il faut compter moins de 30 minutes pour arriver à la station Atlantic av / Barclays Center. En en sortant, on découvre l'Oculus et son écran LCD interne qui avance sur l'esplanade. J'aurais préféré voir la salle pour un match des Nets mais même ainsi configurée, elle révèle son bon agencement des espaces, la fluidité des flux de circulation, la qualité des espaces VIP et bien évidement l'excellente visibilité. Photos à suivre.
Sur mon compte twitter, je mets un jeu un exemplaire du livre "Global Sport Marketing. Contemporary Issues and Practice" coordonné par Michel Desbordes et André Richelieu. Le livre est paru en 2012 chez Routledge. Rédigé en anglais, il comporte des chapitres sur les marques sportives, le sponsoring, l'impact économique des événements sportifs, les arenas... J'y ai rédigé un chapitre sur le business model et le marketing de la WWE. Pour gagner, il vous suffit de suivre les indications du tweet suivant :
#Concours Je fais gagner un exemplaire du livre "Global Sport Marketing" sorti chez Routledge en 2012. J'y signe un chapitre sur la WWE.
Pour gagner, Follow & RT et répondez à la question ci-après. pic.twitter.com/degTLTws7S
La semaine dernière j'évoquais la sortie imminente de l'ouvrage "Marketing du sport" coordonné par Michel Desbordes et André Richelieu (De Boeck, 2018). J'y rédige un chapitre consacré à la World Wrestling Entertainment. Je mets un exemplaire de l'ouvrage à gagner. Rendez-vous sur Twitter et répondez aux 4 questions. Tirage au sort dimanche 22 avril au soir parmi les bonnes réponses.
[Concours] un exemplaire de "Marketing du Sport, une vision internationale" chez De Boeck (2018) 1⃣RT & Follow 2⃣dérouler le thread et répondre aux questions pic.twitter.com/B97MV0lDdJ
Le livre Marketing du sport, une vision internationale coordonné par Michel Desbordes et André Richelieu va paraitre ce mois-ci dans la collection Management et Sport de De Boeck. J'y reprends un chapitre initialement paru en 2011 dans Néo-marketing du sport, regards croisés entre Europe et Amérique du Nord coordonné par les mêmes éditeurs. Le chapitre est bien évidement actualisé et augmenté. Les nombreuses données sur le modèle économique sont mise à jour, la bibliographie est plus récente et de nouvelles dimensions de l'activité de la WWE sont dorénavant traitées (les médias sociaux, la rémunération des athlètes).
Nouvelle édition de Marketing du sport chez De Boeck avec une version actualisée et augmentée de mon chapitre sur l’économie et le marketing de la WWE pic.twitter.com/94m0Ick8ZU
L'estimation des revenus 2016 repose sur l'analyse des documents publics de la WWE et un travail d'investigation. Un lutteur est rémunéré sur la base de sa performance sur le ring (un fixe + un bonus) et de la vente de produits dérivés à son effigie. Dans cette édition du Top10, Brock Lesnar remplace John Cena à la première place tandis que Kane et le Big Show sont évincés su classement au profit d'A.J. Styles et Shane McMahon. Le beau-frère de ce dernier est au 3ème rang avec 3,8 millions de dollars : 1,3 pour sa fonction de direction, 1 million pour son activité épisodique de catcheur et 1,3 en bonus divers.
Selon Forbes, l'ensemble des catcheurs perçoivent environ 12% des 108 millions de dollars de produits dérivés vendus par la WWE. le Live Event Bonus est estimé à 18 millions de dollars partagés entre les catcheurs.
En 2016, la WWE a réalisé une année record en générant un chiffre d'affaires de 729 M$ dont 189 à l'international. Les revenus sont toujours tirés par les droits télévisuels (58% du modèle économique) tandis que les revenus Live Events pèsent pour presque 20%. Notez aussi que la firme de Stanford n'est devancée que par Star Wars sur le marché de la vente de figurines. La semaine dernière s'est déroulée la 33ème édition de WrestleMania. L'événement phare de la WWE a intégré le Forbes Fab 40 des plus grandes marques sportives. La WWE vient de dévoiler quelques données clés sur l'édition de WrestleMania au Citrus Bowl d'Orlando.
75 245 : c'est le nombre de fans dans le stade. C'est un record pour le stade d'Orlando.
7 : c'est la septième plus grosse affluence pour une édition de WrestleMania. Le record est détenue par l'édition de 2016 organisée à l'AT&T Stadium avec 101 763 spectateurs.
165 000 : le nombre de fans attirés par l'ensemble des événements organisés toute la semaine par la WWE.
62 : nombre de pays dont sont venus les fans.
14,5M$ : la somme générée par l'événement au Citrus Bowl. C'est mieux que le concert des Rolling Stones en 2015.
5,19 millions : le nombre d'interactions en lien avec l'événement sur Twitter et Facebook lors de la diffusion.
2,8 millions: le nombre de tweets.
30% : c'est la part de WrestleMania dans l'ensemble des interactions générées sur la Social TV. C'est mieux que l'épisode final de The Walking Dead et du match d'ouverture de la MLB (10%).
3,7 M$ : le chiffre d'affaires des produits dérivés "WrestleMania".
Business Model de la WWE. Comparaison 2015-2016 (dernier trimestre et revenus annuels)
Triple H et Roman Reigns dans le Top 10 des catcheurs les mieux payés (source photo WWE)
J'ai beaucoup travaillé sur le modèle économique et marketing de la la World Westling Entertainment (WWE). Vous trouverez trace de ce travail dans "les grands dirigeants du sport" (dir. Emmanuel Bayle, De Boeck) ou encore dans "néo-marketing du sport" (dir. Desbordes et Richelieu, De Boeck). J'ai relayé ici même de nombreuses informations ou réflexions sur la singularité de la WWE. Le modèle économique de la firme de Vince McMahon est connu. Cotée en bourse, elle communique régulièrement des données sur ses performances financières. Dans son dernier rapport annuel, la WWE déclare 658,8M$ de revenus en 2015 et plus de 2 millions de spectateurs dans les shows. En revanche, il a toujours été plus difficile de savoir où va l'argent ou du moins, combien sont payés les athlètes. Il y a peu, Forbes a proposé un top 10 de la rémunération des Superstars de la WWE.
Lorsque j'anime mon cours de Marketing du Sport, j'essaie d'expliquer aux étudiants que le paradigme de la discipline serait actuellement au barycentre d'un triangle formé du marketing digital, du marketing de contenu et du marketing expérientiel. Le marketing digital n'existe pas en soi. Il consiste à mobiliser des outils au service d'une stratégie. Une entreprise de spectacle sportif génère de l'émotion, et en la partageant, raconte l'histoire de son championnat en engageant ses fans par du contenu de qualité.
La 31ème édition de WrestleMania se déroule demain. L'événement majeur de la WWE continue de prendre place dans les plus beaux stades qui ont déjà accueilli le Super Bowl. Après le Sun Life Stadium, le MetLife Stadium, le Mercedes Benz Superdome et bientôt l'AT&T Stadium, cette édition se déroulera dans la nouvelle enceinte des 49ers.
70 000 personnes sont attendues à Santa Clara. Les billets vont de 35 à 1000$ avec des billets VIP "Gold Circle" à 2000$. L'année dernière, la Nouvelle Orléans aurait bénéficié d'un impact économique de 142,2 millions de dollars. Pour en savoir un peu plus sur cet événement désormais au Top10 de Forbes, voyez cette vidéo de l'iconique Hulk Hogan.
Il y a deux ans, CM Punk était à la Paris Games Week pour le lancement du jeu WWE13. L'année dernière, c'est Damien Sandow qui représentait la firme de Stanford. Cette année, le légendaire Christian sera à la PGW pour promouvoir WWE2K15. Vous pouvez tenter de gagner une rencontre avec lui sur le compte twitter @LeSportestunJeu. Il y aura aussi des places à gagner pour le House Show du 12 novembre à Paris Bercy.
Comme chaque année en pareil époque, Forbes publie son classement The Forbes Fab 40: The World's Most Valuable Sports Brands 2014. A première vue, les années passent et la hiérarchie du magazine nord-américain semble figée : Nike, valorisée à 19 milliards de $, domine le classement lorsqu'Adidas, son principal concurrent, occupe la troisième place avec 5,8 milliards de $. Dans les catégories business, événements, athlètes et équipes, on retrouve les habitués : le Superbowl, les JO, la ligue des Champions, Lebron James, Tiger Woods, Federer, les Cowboys, le Real ou encore ESPN, Under Armor et Reebok.
Mais notez que l'UFC intègre le TOP 10 des marques business et que WrestleMania devance le Daytona 500 et le Kentucky Derby dans les événements les mieux valorisés. Dans mes cours de marketing du sport, ici-même ou dans des chapitres d'ouvrage, j'explique depuis quelques années que ces deux entreprises dans l'ombre des ligues majeurs innovent pour fidéliser leur public et globaliser leur marque. Aussi est-ce particulièrement réjouissant de les retrouver dans ce classement. D'ailleurs, vous ai-je dit que mi-novembre j'allais voir la WWE à Paris?
Il existe un je ne sais quoi de rassurant dans la longévité des choses qui perdurent. J'imagine que beaucoup de lecteurs de ce blog sont nés alors que l'Eurovision était déjà kitsch et mourront que ce show existera encore. Mes plus jeunes étudiants n'ont connu que Montel et Monfort au service des sports de France Télévision comme d'autres ont grandit avec le duo Larqué-Rolland et Guy Roux à Auxerre. Des rengaines si rassurantes, si persistantes et évidentes qu'on finit par les croire immortelles. A "immuable" dans le dictionnaire, il devait y avoir une photo de l'Undertaker. 21 victoires pour 0 défaite à Wrestlemania, l'événement majeur de la WWE. Mais ne dit-on pas que toutes les bonnes choses ont une fin? Le 6 avril 2014, pour la trentième édition du Superbowl du catch, l'imprévisible a eu lieu.
On vient d'apprendre que le réalisateur John MacTiernan va bénéficier d'une libération anticipée et sortira de prison le 25 février. L'homme a génialement redéfini les codes du film d'action. Révélé par Prédator en 1987, on lui doit - excusez du peu - Piège de cristal, une journée en enfer, à la poursuite d'octobre rouge et l'injustement boudé Last Action Hero. En 2002 sort Rollerball, le remake du film éponyme de Norman Jewison sorti en 1975 avec James Caan. Le film est maudit : le casting est bâclé, la charge critique est superficielle par rapport à l'original et le film est considéré comme un navet et il ne rapportera que 20 millions alors qu'il en a coûté 70. Soupçonnant son producteur Charles Roven de vouloir saboter le film, John MacTiernan engage un privé qui pratique des écoutes illégales. L'affaire Pellicano va le mener un an en prison (page FB Free John MacTiernan). Peut-on pourtant trouver 5 bonnes raisons de revoir ce film?
J'ai inauguré ce blog en février 2012 avec une référence explicite à la WWE. Il faut dire que cela fait quelques années que je prends au sérieux le plus dérisoire des divertissements sportifs. J'ai commencé à travailler sur la WWE d'abord pour en faire une étude de cas illustrant les fondements du marketing expérientiel. Cela est devenu un chapitre d'ouvrage en anglais et en français sur le modèle économique et marketing de la firme de Vince McMahon. La semaine passée, la WWE était plébiscitée dans l'émission Sports Money de Forbes.
La WWE est assurément l'une des entreprises sportives les plus innovantes. Elle se positionne à la 9ème place du classement "sport" de Fanpagelist avec 11,7 millions de fans facebook et 2,3 millions de followers. C'est mieux que l'UFC (son principal concurrent sur ce créneau), la NFL ou encore les New York Yankees. La firme de Stamford a toujours misé sur l'engagement de ses fans et a adopté au plus tôt les nouveaux médias.
La firme de Stamford vient de dévoiler ses résultats pour l'année 2012. La fédération de catch annonce un chiffre d'affaire de 484 millions de dollars (en stagnation par rapport à l'année précédente, 483,9M$). Le produit de la WWE est même en régression partout ailleurs qu'en Amérique du Nord. La singularité du modèle de la WWE repose sur sa diversité : les recettes matchday pèsent pour 21,5%, les droits TV pour 30%, le PPV pour 17%. Notez que le segment "digital media" a généré 34,5M$ en 2012 contre 28,1 l'année précédente.
CM punk était ce matin à la Paris Games Week. Le même jour, la WWE annonce ses résultats financiers du 3ème trimestre.
En 2012, la WWE a généré 368,9M$
Aujourd'hui même, la WWE annonce les résultats financiers de son 3ème trimestre. La WWE réalise un chiffre d'affaires de 104.2M$ sur l'été 2012 (en légère baisse par rapport à l'année dernière, 108,5M$). Pour autant, l'inimitable PDG de la WWE, Vince McMahon ne s'affole pas (voir aussi le CR de pwtorch) :
“In the third quarter, we continued to make important progress on our key strategic initiatives, expanding our content and distribution and enhancing our brand strength. The production and licensing of new programs, including a third hour of Raw, the WWE Main Event and WWE Saturday Morning Slam, as well as the development of online distribution on Hulu Plus exemplify our achievement of these goals. The performance of our new programs, which have attracted an average audience 14% to 50% higher than the viewership of the programs they replaced, demonstrate our ability to build consumer interest, which forms the foundation of our proposed WWE Network.”
La WWE annonce même que les affluences augmentent de 6% en Amérique du Nord. La WWE impute la baisse de ses revenus à une activité en baisse à l'international. Ainsi, l'année passée, la firme de Stamford avait-elle gagné 14,1M$ en Europe/Moyen Orient/Afrique contre seulement 9,4 en 2012. Sur cette période, la WWE a donné 77 shows dont 7 à l'international. En Amérique du Nord, les live-events ont généré 17M$ grâce à une affluence moyenne de 5 200 spectateurs. Songez que le prix moyen du billet est de 42,7$. A l'international, parce qu'il y en a eu moins, les show de la WWE n'ont rapporté que 5,8M$ (contre 8,8 l'année dernière à même époque). Cela dit, les affluences sont en hausse de 17% avec des salles pleines en moyenne de 8 400 fans qui achètent leur place presque 100$ !
Résultats de la WWE sur les 3 derniers mois
Sur les 9 premiers mois de l'année, la WWE a gagné 368,9M$ dont un quart réalisé à l'international. Notez aussi le développement du digital dans le business model : WWE.com dégage 13,5M$ de revenus tandis que WWEshop en remporte 8,9.
Résultats de la WWE sur les 9 premiers mois
CM Punk à Paris
Puisque nous parlons de la WWE à l'international et de Digital, ce matin même CM Punk était présent à la Paris Games Week sur le stand Play Station pour faire la promo du jeu WWE13. Les lecteurs fidèles se souviennent peut-être que j'avais inauguré ce blog avec CM Punk ! Grace à l'équipe du Sport est un jeu, j'ai pu rencontré celui qui est à ce jour mon catcheur préféré ! J'ai suivi @Sabycanrana, la jeune gagnante du concours le sport est un jeu sur facebook. La jeune fille a du goût puisqu'elle admire CM Punk et Chris Jericho !
La WWE a très bien compris qu'elle n'a de valeur que par sa communauté internationale des fans actifs et fidèles. Pour entretenir ce lien affectif à la marque, il suffit d'activer le star power et d'envoyer les personnalités charismatiques au contact des fans. On le sait, le quotidien d'un catcheur est une routine : de villes en villes, d'house show en PPV, d'aéroports en hôtels, il faut trouver les ressources pour satisfaire aux attentes du public. Songez que le combat de CM Punk contre Ryback était la Main Event de Hell in a Cell dimanche à Atlanta. On retrouve le catcheur au GTS le lendemain à Charlotte, NC pour l'émission RAW, hier à Strasbourg, aujourd'hui à Paris et ce soir à Nantes. Voilà qui fatigue pour le moins (voyez ce tweet de CM).
CM Punk a fait le job. Je vous laisse avec quelques pics :
Les fans attendant CM Punk, brandissent t shirt et goodies
@Sabycanrana avec CM Punk
Quand CM Punk dédicace des affiches c'est moins glauque que dans The Wrestler
Et je ne suis pas le seul universitaire à parler de catch. En début d'année prochaine se tiendra à l'Université de Bordeaux 3 un colloque international intitulé « Le catch et… », mise en scène et passage des frontières. Je reproduis ici l'argumentaire :
Depuis les Mythologies, les études culturelles ont bien perçu que le catch pouvait être plus qu’un choc frontal de deux masses musclées et huileuses sous le regard d’une foule partiale. Bien qu’il ait reçu l’attention de personnalités aussi diverses que Barthes (« Le monde où l’on catch », 1957), Henry Jenkins (« Never Trust a Snake. WWF Wrestling as Masculine Melodrama », 1997) ou Angela Carter (« Giants’ Playtime », 1976), et bien qu’il fasse l’objet d’une attention universitaire soutenue aux Etats-Unis, le catch n’a pourtant pas fait en France l’objet d’un travail qui en épuiserait les possibilités et les significations, sans se limiter à la tétralogie masculinité, popularité, excès et rituel.
Sport fiction, sport simulacre, le catch s’établit d’emblée sur une frontière entre deux univers. Dans les Amériques, cette notion du catch comme une interface outrancière articulant la rencontre de plusieurs modalités spectaculaires, de plusieurs courants culturels et de plusieurs identités ne saurait être exagérée. Ainsi, le catch professionnel aux États-Unis suscite-t-il en retour un regain d’intérêt pour son pendant mexicain, illustré par un film comme Nacho Libre (2006). Réciproquement, le catch mexicain s’est fait une spécialité de l’emprunt à la culture populaire américaine, rebaptisant le catcheur El Santo « Superman », ou donnant plus récemment à une équipe le surnom de « Justice League ». Ainsi encore, le catch propose-t-il à ses acteurs des passerelles vers le cinéma (Dwayne Johnson, « The Rock », vu par exemple dans Southland Tales (2006)) ou même vers la politique (Linda McMahon, candidate pour le Sénat des Etats-Unis, Jessie "The Body" Ventura, devenu gouverneur du Minnesota). Le catch est aussi un sujet fertile de représentations : que l’on pense à The Wrestler, de Daren Aronofsky (2008) , aux bandes dessinées de Jaime Hernandez (Love and Rockets, 1982- ) ou encore aux photographies de Dulce Pinzon (The Real Stories of Superheroes) mettant en scène des travailleurs mexicains aux États-Unis habillés en catcheur ou en super-héros. Ce colloque cherchera à identifier ce qui rend le catch si propice au développement de ces transitions, extensions et passage de frontières.
Il explorera pour cela d’une part le catch lui-même, son économie, sa forme et sa réception, mais aussi et surtout les multiples interfaces qu’il propose, dans une approche résolument pluridisciplinaire. « Le catch et… » Le catch et la qui accompagne chaque match, discours qui répondrait alors, sans surprise ou presque (rôle du cliché, des agencements forme-sens prototypiques), aux attentes d’un public ? frontière mexicaine, le catch et le cinéma, et le catch et les formes d’identités, le catch et l’art, le catch et la télévision, le catch et les autres sport-spectacles, etc. D’autre part, l’analyse de ce genre de discours, si particulier, que constituent les mots du catch pourra être abordée de diverses façons en linguistique tout autant qu’en stylistique. La plus évidente correspond à la mise en récit qui accompagne cette mise en scène. Quelle histoire nous est racontée ? Sur quels types de représentations culturelles et sur quelles stratégies discursives récurrents repose-t-elle ? L’étude des isotopies, au sein du lexique, tout autant que celle des figures de style peut apporter un éclairage supplémentaire sur les thèmes du colloque. Comment, par exemple, fonctionne le processus d’identification ? Existe-t-il un codage, lato sensu, du « discours du catch »
D’après le propos exposé plus haut et sans que cela soit exhaustif, nous proposons de traiter les axes suivants :
histoire culturelle et économique du catch dans les Amériques
stratégies d’exportation et spécificité de la réception française
le catch comme récit transmédiatique (incluant toutes circulations entre médias et problématiques de l’adaptation)
esthétique spectaculaire et représentation du corps, etc.
Une bibliographie "catch"
Le programme est passionnant n'est-ce pas? Si vous souhaitez aller plus loin, voici une courte bibliographie. Lorsque cela est possible, je mets un lien vers le document source.
Assael, S., & Mooneyham, M. (2002). Sex, Lies and Headlocks. The Real Story of Vince McMahon and the World Wrestling Entertainment. New York: Three Rivers Press.
Ashley, F. B., Dollar, J., Wigley, B., Gillentine, J. A., & Daughtrey, C. (2000). Professional Wrestling Fans: Your Next-Door Neighbors? Sport Marketing Quarterly, 9(3), 140-148. (résumé)
Barthes, R. (1957). Le Monde où l'on catche. in. Mythologies. Paris: Editions du Seuil. (extraits)
De Garis, L. (2005). The "Logic" of Professional Wrestling. In N. Sammond (Ed.), Steel Chair to the Head: The Pleasure and Pain of Professional Wrestling (pp. 192-212). Durham & London: Duke University Press.
Foley, M. (2001). Foley is Good: And the Real World is Faker Than Wrestling. New York: Harper.
Greenberg, K. E. (2000). Pro Wrestling: From Carnivals to Cable TV. Minneapolis: Learner Publishing.
Jenkins III, H. (2005). "Never Trust a snake" : WWF Wrestling as Masculine Melodrama. In N. Sammond (Ed.), Steel Chair to the Head: The Pleasure and Pain of Professional Wrestling (pp. 33-66). Durham & London: Duke University Press.
Lamoureux, Christophe. (1993), « La grande parade du catch. », Presse Universitaire du Mirail
Mazer, S. (1998). Professional Wrestling. Sport and Spectacle. Jackson: University Press of Mississippi.
Mazer, S. (2005). Real” Wrestling/ “Real” Life. In N. Sammond (Ed.), Steel Chair to the Head: The Pleasure and Pain of Professional Wrestling (pp. 67-87). Durham & London: Duke University Press.
L'évènement marquant du week end n'est pas la somme des mauvais canulars du premier avril mais mais la plus belle des mascarades : WrestleMania XXVIII à Miami.
Et lorsque je dis "mascarade" ce n'est pas au sens figuré qui renvoie à une mise en scène trompeuse mais pour son sens premier : "un divertissement joué par des personnages déguisés". Alors oui, le spectacle de la World Wrestling Entertainment (WWE) est un peu factice, raison de plus pour essayer d'en comprendre ses ressorts avec un peu de légèreté. Pour déceler ce qu'est le catch en soi, il vous suffit de dévorer les excellents "cahiers du catch".
"Be ready to be excited, be ready to be entertained and be ready for anything", John Cena
Dans l’épisode intitulé « W.T.F. », les garçons de « South Park » décident de monter la Wrestling Takedown Federation après avoir assisté à un spectacle de la WWE. Tray Parker, le créateur de la série, parodie le catch et plus particulièrement la WWE en insistant sur la théâtralisation outrancière de ces spectacles qui prennent le pas sur les habiletés physiques des Superstars. Ce faisant, la série met en évidence une caractéristique fondamentale de ce divertissement : « Wrestling is drama ».
Cela soulève de fait la question suivante : ce spectacle est-il vrai ou truqué ? Dans son autobiographie, le catcheur Mike Foley ne laisse planer aucun doute : « I’ll answer your question, or at least confirm your thoughts for you. Yes, wrestling is Entertainment, and no, I did,’t actually « win » the belt in the way that World Series or Super Bowls are won. » (Foley, 2001). Mais à vrai dire, la question de la véracité n’a aucune importance. Comme l’a détaillé Roland Barthes ("Le monde où l'on catche" dans Mythologies, 1957), peu importe aux spectateurs que le combat soit scénarisé, c’est un spectacle de l’excès qui emprunte son ressort dramatique aux tragédies grecques.
Il s’agit de jouer à croire et faire croire. Barnabé Mons (2009) rappelle que l’art du catch consiste à donner l’illusion des coups, à feindre de les donner avec conviction et de les recevoir avec douleur. Bret Hart, l’un des meilleurs catcheurs de l’histoire, explique que son art réside dans la façon de donner les coups de façon convaincante. La « plausibilité » (Believable) est une composante essentielle du combat de catch. Car, s’ils ne doutent jamais que le combat est arrangé, les fans adhérent aux émotions factices et surjouées des catcheurs et aux retournements de situation, tel qu’ils le feraient pour un vrai sport.
Dans le magnifique documentaire wrestling with shadow, Bret Hart explique l'art du catch
Le récit et la narration étant déterminants dans le succès de ce divertissement, il faut alors considérer que le storytelling est le carburant du moteur expérientiel de la WWE. En effet, selon Christian Salmon (2007, pp. 16-17), le storytelling « plaque sur la réalité des récits artificiels, bloque les échanges, sature l’espace symbolique de séries et de stories. Il ne raconte pas l’expérience passée, il trace les conduites et oriente les flux d’émotions. (…) le storytelling met en place des engrenages narratifs, suivant lesquels les individus sont conduits à s’identifier à des modèles et à se conformer à des protocoles. »
Le spectacle de la WWE répond à un protocole vecteur d’émotions en fonction des rôles assignés à chacun (public, catcheurs, annonceurs, commentateurs). La WWE crée de l’expérience par la théâtralisation incessante de ses spectacles immergeant les spectateurs dans l’authentoc. Loin de susciter défiance ou résistance, le spectacle du catch nécessite l’adhésion du public qui fait semblant d’être dupé. Tout se passe comme si le public préférait le simulacre à la réalité. Pour reprendre l’expression de Christian Salmon (2007), nous pourrions dire de la WWE qu’à l’instar de Disney, elle est une industrie productrice d’émotions qui nous propose des fables collectives. C’est donc par ce positionnement singulier que la WWE est un spectacle et non un sport.
Quelques chiffres sur WreslteMania
L'année dernière, WrestleMania XXVII a attiré 71 617 dans le Georgia Dome d'Atlanta. L'événement qui se positionne comme "pop-culture extravaganza" a été diffusé en pay-per-view dans plus de 100 pays.
WM XXVII aurait généré un impact économique de 62,1M$ pour la ville d'Atlanta. 75% de spectateurs sont venus d'en dehors d'Atlanta (et de 30 pays) et 61% y sont restés 3 nuits ou plus.
Pour l'événement de demain, les billets ont été mis en vente en novembre dernier : les prix allaient de 25 à 850 $ et des “Gold Circle” VIP Packages étaient disponibles à 1500$.
Les affluences depuis WM XV :
WM 15: First Union Center (Wachovia Center); Philadelphia, PA - 19,514
WM 16: Arrowhead Pond (Honda Center); Anaheim, CA - 18,742
WM 17: The Reliant Astrodome; Houston, TX - 67,925
WM 18: Skydome (Rogers Centre); Toronto, Ontario, Canada - 68,237
WM 19: Safeco Field; Seattle, WA - 54,097
WM 20: Madison Square Garden; New York, NY - 18,500
WM 21: STAPLES Center; Los Angeles, CA - 20,193
WM 22: Allstate Arena; Chicago, IL - 17,159
WM 23: Ford Field; Detroit, MI - 80,109
WM 24: Citrus Bowl; Orlando, FL - 74,635
WM 25: Reliant Stadium; Houston, TX - 72,744
WM 26: University of Phoenix Stadium; Glendale, AZ - 72,219
WM 27: Georgia Dome; Atlanta, GA - 71,617
WM 28: Sun Life Stadium; Miami, FL - ?
WM 29: MetLife Stadium; East Rutherfor, NJ- ?
J'aurai l'occasion de revenir plus en détail sur le modèle économique et marketing de la WWE. En attendant, j'espère avoir convaincu les sceptiques de se laisser tenter par la grande messe du catch qui constitue à mon sens, un must see du calendrier annuel du divertissement sportif US, au même titre que le superbowl ou le NBA All Star Game.
Au fait, je vous ai pas dit?
Je pars aux Etats-Unis ce mois d'avril. Au programme quelques matches MLB, NHL et NBA. J'un déjà un billet pour les Knicks vs Clippers au MSG, comprenez donc que je vais voir J. Lin, C. Anthony, B. Griffin et C. Paul. Je serai aussi au premier week end de la Coachella. Je ne peux encore m'engager sur ma connectivité, mais je m'appliquerai au mieux à partager mes expériences sur mon compte twitter @bhelleu.