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mercredi 23 octobre 2019

le top 10 des joueurs NBA les mieux payés



source : Forbes
Alors que la toute nouvelle saison de NBA vient de débuter, Kurt Badenhausen de Forbes a rédigé un article consacré aux joueurs les mieux payés en 2019-2020. L'estimation de Forbes compile les revenus "on court" et les contrats de sponsoring. La gestion des salaires et contrat est une part capitale sinon même la plus importante du management d'une franchise. Les données sont accessibles et même détaillées par la communauté de passionnés. Voyez par exemple l'analyse des Bucks de Milwaukee sur le site TrashTalk. 

Le top 10 des joueurs les mieux rémunérés agrègent à eux seuls presque 600 millions de dollars. Lebron James est le mieux payé. Avec Stephen Curry et Kevin Durant, c'est le seul joueurs a percevoir plus de ses contrats d'endorsement que de son contrat avec les Lakers. Les joueurs NBA bénéficient largement du nouveau contrat télévisuel de 24 milliards sur 9 ans. Ainsi, 46 joueurs devraient percevoir plus de 25 millions par saison alors qu'aucun ne touchait cela il y a encore 5 ans. Le montant des salaires étant régulé par un salary cap, les joueurs les plus connus misent sur les contrats d'équipementiers pour augmenter leurs revenus. Selon Forbes, il y a 10 joueurs actifs qui devraient toucher au moins 10 millions de dollars par leur seul contrat chaussure (Lebron et KD sont chez Nike, Curry chez Under Armor). Songez que Durant vendrait plus de chaussures en Chine qu'aux Etats-Unis. 

A regarder le top 10 on observe : 
  • 7 franchises représentées (mais pas les Raptors, champions en titre) 
  • 6 joueurs MVP (dont Giannis Antetokounmpo, le MVP en titre) 
  • 4 joueurs qui ont changé de franchise cet été (Durant, Westbrook, Irving, Paul) 
  • 2 blessés qu'on verra pas ou peu cette saison 
  • les joueurs qui ne sont pas dans le top 10 mais ne doivent pas en être loin. On songe à Anthony Davis, Joel Embiid, Paul Georges, Karl-Anthony Towns, Kawhi Leonard. 



source : Forbes

vendredi 8 juin 2018

Top 100 des sportifs les mieux payés



Forbes vient de dévoiler son top 100 des athlètes les mieux payés en 2017. Les revenus sont composés du salaire (ou des gains en complétion) et des contrats de sponsoring. Ronaldo cède la première place au boxeur Floyd Mayweather qui a fait son retour sur le ring pour un combat attendu contre Conor McGregor, la star du MMA que l'on retrouve au 4ème rang. Les 100 sportifs du classement cumulent 3,8 milliards de dollars de revenus. Ce que l'on peut retenir : 

mercredi 12 avril 2017

Top 10 des catcheurs de la WWE les mieux payés


J'ai publié hier quelques données sur le modèle économique de la WWE et l'impact de la 33ème édition de WrestleMania. Restons dans la thématique avec une mise à jour du top 10 des stars de la WWE les mieux payées. Le billet de mai 2016 consacré au salaire des catcheurs a remporté un succès considérable. Chaque mois il figure parmi les plus lus à tel point que c'est maintenant le deuxième billet le plus consulté du blog. Je m'appuie sur l'article de Chris Smith ("Brock Lesnar, John Cena Lead The List Of WWE's Highest-Paid Wrestlers") publié fin mars sur forbes.com.


le top 10 2017 (revenus 2016)
  1. Brock Lesnar, $12 million
  2. John Cena, $8 million
  3. Triple H, $3.8 million
  4. Roman Reigns, $3.5 million
  5. Dean Ambrose, $2.7 million
  6. A.J. Styles, $2.4 million
  7. Shane McMahon, $2.2 million
  8. The Undertaker, Seth Rollins, $2 million
  9. Randy Orton, $1.9 million
L'estimation des revenus 2016 repose sur l'analyse des documents publics de la WWE et un travail d'investigation. Un lutteur est rémunéré sur la base de sa performance sur le ring (un fixe + un bonus) et de la vente de produits dérivés à son effigie. Dans cette édition du Top10, Brock Lesnar remplace John Cena à la première place tandis que Kane et le Big Show sont évincés su classement au profit d'A.J. Styles et Shane McMahon. Le beau-frère de ce dernier est au 3ème rang avec 3,8 millions de dollars : 1,3 pour sa fonction de direction, 1 million pour son activité épisodique de catcheur et 1,3 en bonus divers. 
Selon Forbes, l'ensemble des catcheurs perçoivent environ 12% des 108 millions de dollars de produits dérivés vendus par la WWE. le Live Event Bonus est estimé à 18 millions de dollars partagés entre les catcheurs. 

le top 10 2016 (revenus 2015)
  1. John Cena: $9.5 million 
  2. Brock Lesnar: $6.0 million 
  3. Triple H: $2.8 million 
  4. Randy Orton: $2.7 million 
  5. Seth Rollins: $2.4 million 
  6. Roman Reigns: $2.1 million 
  7. Undertaker: $2.0 million 
  8. Big Show: $1.5 million 
  9. Kane: $1.3 million 
  10. Dean Ambrose: $1.1 million

Pour aller plus loin : 

lundi 14 novembre 2016

Le salaire des sportifs: l'édition 2016 du Sportingintelligence’s Global Sports Salaries Survey

le Sportingintelligence’s Global Sports Salaries Survey est un rapport annuel qui recense les masses salariales des équipes dans les plus grandes ligues sportives mondiales. Cette année, 333 équipes de 17 ligues dans 7 sports ont été analysées. Selon le rapport, la masse salariale globale s'élève à 18,6 milliards de dollars. C'est la NBA qui délivre les meilleurs salaires. En 2016-2017, les 449 joueurs perçoivent en moyenne un salaire annuel de 6,4 millions de dollars par année. Concernant le football, sans surprise, c'est la Premier League anglaise qui rémunère le mieux ses joueurs (2,4 millions de livres par an). 

Cette année, l'équipe qui paie le mieux ses joueurs est la franchise NBA de Cleveland, championne en titre, avec 8,6M$. Le Paris Saint Germain était en tête de ce classement l'année dernière. Il est maintenant au 35ème rang avec un un salaire annuel moyen de 5,95 M$. 

Au delà des montants accordés aux joueurs, les ligues fermées US et les championnats de football européens se distinguent sur un critère : le ration entre l'équipe qui délivre les plus gros salaires et celle qui paie le moins. Considérant que la performance sportive est indexée sur la capacité financière, l'indicateur renseigne sur un potentiel déséquilibre compétitif (manque d'incertitude du résultat). 

La NFL est la ligue qui distribue le plus d'argent : 4,1 milliards de dollars sont affectés aux salaires des 1687 joueurs. Pour autant, le ratio entre l'équipe qui paie le mieux (Green Bay) et celle qui paie le moins (Cleveland) n'est que de 1,8. En France, le ratio est de 21,5. C'est le plus élevé du rapport. Il faut dire que le PSG accorde un salaire annuel moyen 3 fois supérieur au deuxième club du classement (AS Monaco). 

Top 12 des équipes qui paient le mieux leurs joueurs


Focus sur la L1


Salaires moyens en L1, saison 2016-2017

Focus sur la Premier League
Focus sur la NBA
Focus sur la NFL




le rapport est à télécharger sur ce lien. 

lundi 9 mai 2016

le salaire des catcheurs de la WWE

Triple H et Roman Reigns dans le Top 10 des catcheurs les mieux payés (source photo WWE)

J'ai beaucoup travaillé sur le modèle économique et marketing de la la World Westling Entertainment (WWE). Vous trouverez trace de ce travail dans "les grands dirigeants du sport" (dir. Emmanuel Bayle, De Boeck) ou encore dans "néo-marketing du sport" (dir. Desbordes et Richelieu, De Boeck). J'ai relayé ici même de nombreuses informations ou réflexions sur la singularité de la WWE. Le modèle économique de la firme de Vince McMahon est connu. Cotée en bourse, elle communique régulièrement des données sur ses performances financières. Dans son dernier rapport annuel, la WWE déclare 658,8M$ de revenus en 2015 et plus de 2 millions de spectateurs dans les shows. En revanche, il a toujours été plus difficile de savoir où va l'argent ou du moins, combien sont payés les athlètes. Il y a peu, Forbes a proposé un top 10 de la rémunération des Superstars de la WWE. 

mardi 15 septembre 2015

Le business de la NFL

La NFL vient tout juste de reprendre et Forbes dévoile son édition 2015 des Most Valuable Teams. Ce classement propose une estimation de la valeur d'une franchise en tenant compte principalement de sa capacité à générer des revenus. Pour la neuvième année de suite, les Cowboys de Dallas dominent ce classement. La franchise texane réalise un chiffre d'affaires de 620 millions de $, dispose d'un stade ultra-moderne qui permet une alliance moyenne de 90 000 fans et se voit donc estimée à 4 milliards de dollars. Pour composer le TOP5, on retrouve les New England Patriots ($3.2 milliards), les Washington Redskins ($2.85 milliards), les New York Giants ($2.8 milliards) et les San Francisco 49ers ($2.7 milliards). En moyenne, une franchise NFL est estimée à 1,97 milliards $ soit 38% de plus que l'année dernière. A titre de comparaison, notez que le Real Madrid es estimé à 3,26 milliard et le FC Barcelone à 3,16 milliards. 


La convention collective de la NFL attribue 47% des revenus de la ligue aux joueurs. Le salaire moyen est de 2M$ et le salary cap fixé à 143M$. Mais les stars restent très bien payées. Ainsi, Ben Roethlisberger, le QB des Steelers, présente la plus belle fiche de paie avec 46,4M$ de salaire/bonus et 2,5M$ de contrats sponsoring. Dans le top15 des joueurs les mieux payés on trouve 8 quarterbacks. Forbes estime qu'un bon joueur à ce poste clé gagne en moyenne 16M$. 















source : Forbes, The Business of football

sur le même sujet : 

lundi 7 septembre 2015 Back to Football
mardi 7 avril 2015 [Infographie] Les revenus Sponsoring de la NFL
jeudi 15 août 2013 Le classement Forbes des "The Most Valuable NFL Teams"



jeudi 7 mai 2015

Top 20 des joueurs de foot les mieux payés

Zlatan, 3ème joueur le mieux payé selon Forbes

Le magazine Forbes vient de révéler sa liste des joueurs de foot les mieux rémunérés. Le classement se fonde sur la base des salaires des joueurs (Salary & Bonus) et de leurs contrats de sponsoring (endorsements). Avec 79M$, Cristiano Ronaldo domine ce classement. Ses seuls contrats sponsoring pèsent autant que les revenus cumulés des 3 derniers joueurs du classement. Rappelons que l'attaquant du Real est considéré par Repucom comme le joueur le plus bankable. Souvenez vous aussi qu'il a été le premier joueur à franchir la barre des 100M de fans sur Facebook. Au delà, notons quelques faits marquants : 

jeudi 12 mars 2015

Les sportifs retraités les mieux payés

Photo AP - Forbes
Forbes vient de publier un classement des sportifs à la retraite qui génèrent le plus de revenus. Le Highest-Paid Retired Athlete 2015 est Michael Jordan avec 100M$ sur l'année 2014. Sa marque Jordan (Nicke) pèse encore 17% des ventes pour un chiffre d'affaires de 2,6 milliards $. L'ancien basketteur est encore sous contrat de sponsoring avec Gatorade, Hanes, Upper Deck… et les 90% qu'il possède des Charlotte Hornets (NBA) sont évalués à 500M$. David Beckham, second au classement, est le plus jeune (39 ans). Notez qu'on trouve 4 golfeurs, 3 basketteurs, 2 footballeurs (soccer) et 2 footballeurs (US). 
  1. Michael Jordan : 100M$, 52 ans - basket
  2. David Beckham : 75M$, 39 ans - football : David Beckham Banks His Biggest Year Ever With Earnings Of $75 Million
  3. Arnold Palmer : 42M$, 85 ans - golf
  4. Jack Nicklaus : 28M$, 75 ans - golf
  5. Jerry Richardson : 23M$, 78 ans - footbal (NFL)
  6. Shaquille O'Neal : 21M$, 42 ans - basket
  7. Gary Player : 21M$, 79 ans - golf
  8. Magic Johnson : 20M$, 55 ans - basket
  9. Pelé : 16M$, 74 ans - football
  10. Greg Norman : 16M$, 60 ans - golf
  11. Michael Strahan : 14M$, 43 ans - football (NFL)

A relire sur le même sujet : 

vendredi 1 février 2013 - Beckham, la marque de l'infamie?
vendredi 20 juillet 2012 - Zlatan n'est pas assez payé

vendredi 3 mai 2013

Ce que coûte un but, ce que vaut un joueur

S'il est un sujet largement abordé par les économistes du sport, c'est celui de la performance sportive et de la rémunération des joueurs. Autrement dit, les sportifs méritent-ils leur salaire? Une façon assez commune d'aborder cette question est de calculer le coût d'un but (voyez cet article de l'Expansion de 1995 par... Christophe Bouchet). Voici une infographie qui traite de la Premier League et qui rapporte au nombre de buts marqués le montant du transfert, le salaire et enfin la somme perçue à la revente d'un joueur. Sur les 10 dernières années, un but coûte 414 000 euros (350 000£).

samedi 4 août 2012

Un salary cap européen?

Une proposition de résolution pour encadrer la rémunération des joueurs


Cela est passé un peu inapercu mais quelques députés (dont David Douillet et Jean-François Lamour, deux anciens Ministres des sports) ont déposé une proposition de résolution européenne "visant à limiter la masse salariale des clubs sportifs professionnels".

Dans l'exposé des motifs, on lit : 
"(...) En effet, il convient de rappeler que l’intérêt des compétitions sportives pour les spectateurs et les financeurs, qu’ils soient publics (État, collectivités) ou privés (sponsors, médias, etc.) repose sur l’aléa sportif et l’incertitude du résultat. Pour parvenir à cette incertitude, il est indispensable d’assurer un équilibre compétitif entre les différents participants, c’est-à-dire une répartition équilibrée des moyens financiers et humains. Le salary cap, qui limite la masse salariale de chaque club à un plafond déterminé, permet de conserver cette équité dans le sport. 
De plus, le salary cap permet d’éviter l’endettement massif de certains clubs qui, faisant exploser leur masse salariale, mettent en danger leur modèle économique. En effet, la crise financière a révélé que de nombreux clubs professionnels européens s’étaient lourdement endettés pour engager les meilleurs joueurs. En janvier 2012, l’UEFA annonçait que les clubs européens de football atteignaient un déficit record de 1,6 milliard d’euro. 
Le principe du plafonnement de la masse salariale des clubs professionnels a été adopté par le Parlement français par la loi du 1er février 2012 visant à renforcer l’éthique du sport et les droits des sportifs. Afin de garantir la compétitivité de nos clubs professionnels, il apparait évident que la limitation de la masse salariale de ces entreprises soit actée au niveau européen. La France ne peut rester isolée sur ces questions sous peine d’handicaper gravement l’attractivité de ses compétitions.  (...) L’instauration du salary cap européen permettra à la fois de limiter l’inflation des salaires des joueurs professionnels mais aussi de limiter les déficits des clubs.  En conséquence, afin de favoriser l'équité sportive, la pérennité des compétitions et d’éviter l’endettement des clubs, il est donc proposé d’instaurer un plafond salarial au niveau européen pour les clubs sportifs professionnels."
La proposition de résolution européenne stipule que :
"Considérant qu’il est légitime de répondre aux aspirations de l’opinion publique sur la limitation de la masse salariale des clubs sportifs européens tout en soulignant l’importance économique de ces entreprises ; Considérant que seule une position européenne peut garantir une concurrence sportive et économique non faussée entre les clubs des différents pays de l’Union européenne ;  Demande à la Commission européenne de soutenir la mise en place d’un plafond de la masse salariale pour les clubs sportifs professionnels. Ce plafond devra être fixé en accord avec les instances sportives européennes, auxquelles les clubs sont affiliés." 

Qu'est ce que le salary Cap? L'exemple des ligues nord-américaines

Le salary cap est un mécanisme qui limite la somme d’argent qu’une équipe peut dépenser dans les salaires de ses joueurs. Son objectif est de préserver l’équilibre des forces en présence en évitant que les équipes les plus riches dominent la ligue en recrutant les meilleurs joueurs. Ce système est relativement récent à l’échelle de l’histoire des ligues nord-américaines. En effet, le système de la clause de réserve limitant la mobilité des joueurs a longtemps permis de poursuivre le double objectif de limitation de l’inflation salariale et de préservation de l’équilibre compétitif. Toutefois, l’assouplissement de la clause à partir de 1976 a modifié l’état du marché du travail. Des joueurs expérimentés, à l’expiration de leur contrat, étaient dorénavant libres de négocier un nouveau salaire aussi bien avec leur ancien club qu’avec une équipe concurrente (free agents). Cette situation a engendré une guerre des salaires profitable aux équipes les plus riches susceptibles de déséquilibrer le championnat par un tel comportement.

Le premier salary cap de l’ère moderne est mis en place en NBA lors de la saison 1984-1985. Il plafonne alors la masse salariale d’une équipe à 3,6 millions de dollars. En 1998, le cap était fixé à 26,9 millions de dollars (augmentation de 747% en 13 ans). Le CBA, de juillet 2005 pour une période de six ans, assure aux joueurs une part de 51% des revenus de la ligue (49,5 millions de dollars par équipe pour la saison 2005-2006). Peut-être vous souvenez vous que cette saison NBA a été amputée de quelques matches justement parce que les modalités de rémunération étaient à nouveau discutées. Le plafonnement salarial de la NBA est considéré comme un « soft cap ». A titre d’illustration, lors de la saison 2001-2002, les salaires étaient plafonnés à 42,5 millions de dollars par équipe. Seules deux équipes étaient sous le cap. Les 28 autres dépassaient ce montant, dont 16 par plus de 10 millions de dollars et deux par plus de 40 millions de dollars. Le système du cap est peu efficace en NBA à cause d’une dizaine d’exceptions permettant de dépasser le montant autorisé. La plus connue est l’exception « Larry Bird », du nom du légendaire joueur des Boston Celtics. Elle permet à une équipe de proposer un nouveau contrat à l’un de ses joueurs devenu libre, quand bien même le nouveau salaire contribuerait à excéder le niveau du salary cap. Cette mesure a pour objectif de permettre aux équipes de conserver leurs joueurs vedettes et de satisfaire ainsi les fans attachés à ces athlètes ayant contribué à l’histoire de la franchise.

En 1994, la NFL a adopté un « hard cap » extrêmement rigide où aucune équipe ne peut dépasser le montant maximum autorisé, sous peine de s’acquitter de pénalités financières. Initialement, le montant du cap était fixé à environ 65% des Defined Gross Revenues (DRG, basés sur la vente de billets, les contrats télévisuels et le merchandising). En mars 2006, une extension du CBA remplace les DRG par les TFR (Total Football Revenues), fixant le cap à 102 millions de dollars. Pour 2006, le salary floor (la masse salariale minimale) est de 75 millions de dollars par équipe. 

En NHL, les négociations d'un CBA ont débouché sur un lockout provoquant l’annulation de la saison 2004-2005. C’est une décision sans précédent dans l’histoire des circuits majeurs aux Etats-Unis. Pour la première fois depuis 1919 (en raison d’une épidémie de grippe espagnole), la Coupe Stanley n’a pas été remise. Cette annulation a pour origine un rapport indépendant qui révèle une situation inquiétante : le rapport Levitt (Levitt Jr, 2004). Pour la saison 2002-2003, les 30 équipes accusent une perte annuelle cumulée de 273 millions de dollars, soit en moyenne, 9,1 millions par club.

La commission Levitt impute cette situation à l’inflation des salaires dont on peut constater l’accélération brutale depuis 1990. A cette date, Bob Goodenow arrive à la tête de l’Association des Joueurs de la NHL. Il préconise aux joueurs de divulguer publiquement leurs salaires afin que ceux-ci puissent comparer leur valeur. Cette stratégie de transparence fournit un levier de négociation qui transforme le marché du travail en faveur des joueurs. Le salaire moyen passe de 558 000 dollars en 1993 à 1,79 millions de dollars dix ans plus tard. En 2002-2003, les coûts salariaux liés aux joueurs atteignaient 1,494 milliards de dollars, soit 75% des revenus de la ligue. Le commissaire de la NHL, Garry Bettman, recommande l’instauration d’outils de contrôle des coûts. Il justifie ainsi sa position : 
« le challenge à venir est de s’assurer que nous ayons un système économique qui permette à tous nos clubs d’être économiquement viables, stables et compétitifs là où ils sont actuellement localisés. Tous nos fans ont besoin de savoir au début de la saison que leur équipe a une bonne chance de remporter la Coupe Stanley comme n’importe quelle autre équipe. Cela dépend seulement de la somme dépensée par les équipes dans la masse salariale.» 
Finalement, les joueurs consentent à l’établissement d’un plafonnement salarial. Pour la saison 2005-2006, le salary cap est fixé à 39 millions de dollars par équipe avec un plancher à 21,5 millions de dollars par équipe. Pour les années suivantes, le plafonnement est indexé sur les revenus de la ligue. Cette mesure est accompagnée d’une restriction sur les salaires individuels qui ne pourront dépasser 20% de la masse salariale du club.

(la partie précédente est extraite de ma thèse de 2007)

Un salary-cap européen, les questions à se poser

Il n'est pas inintéressant d'observer que le concept d'équilibre compétitif, très prisé des économistes du sport, figure tel quel dans une proposition de résolution. Sur ce billet, vous trouverez les éléments de définition de l'équilibre compétitif. 

Le plafonnement des salaires à l'échelle européenne est un serpent de mer qui travaille l'imaginaire des acteurs et observateurs du sport pro au moins autant que l'instauration d'une NBA européenne. Déjà en 2008, dans le rapport Besson sur la compétitivité des clubs de football français un point est intitulé "Préserver l’équilibre budgétaire des clubs par le plafonnement de la masse salariale (« salary cap ») et la limitation du nombre des contrats". De façon explicite, une recommandation du rapport est d'"Encourager la mise en place d’un plafonnement du ratio masse salariale sur chiffre d’affaires à l’échelle européenne". Toujours dans ce rapport, on peut lire : 
"Toutefois, l’application d’une telle mesure ne se ferait pas sans tensions : d’une part les joueurs seraient réticents à la mise en place d’une mesure aboutissant au plafonnement de leur rémunération (...); d’autre part, certains clubs, parmi les plus riches, sont hostiles aux outils minorant leur capacité de recrutement. (...)
Il convient en outre de rappeler l’incertitude juridique qui plane sur l’instauration d’une telle mesure. Dans son Livre blanc sur le sport, la Commission européenne précise que ni la Cour de Justice Européenne ni la Commission n’ont pris de décision ou position formelles sur cette mesure; de sorte qu’il n’est pas possible de dire actuellement si elle déroge au droit communautaire."

A mon sens, les questions à se poser sont :
  • le salary-cap fonctionne t-il? Les économistes du sport s'accordent à dire qu'en théorie, un plafonnement des salaires serait bénéfique à l'équilibre compétitif. Cela-dit, tout dépend de quel système de plafonnement : s'il est souple, comme en NBA, il sera relativement inefficace; s'il est dur, comme en NFL, cela peut contribuer à instaurer de l'incertitude. 
  • le texte prévoit que le "plafond devra être fixé en accord avec les instances sportives européennes, auxquelles les clubs sont affiliés". Est-ce à dire que c'est à l'UEFA de fixer le montant du cap ou bien à l'EPFL (European Professional Football Leagues)? Une négociation avec les représentants des joueurs serait-elle envisagée? 
  • Quelle va être la réaction de l'UNFP? 
  • La mesure serait-elle appelée à perdurer? Saviez vous qu'en 1900 le championnat anglais a mis en place un salaire maximum? Cette mesure a été abandonnée en 1961. 
  • A quel niveau fixe t-on le salaire maximum? l'UEFA compte 53 fédérations. Vous imaginez la grande diversité des clubs et leur capacité inégale à dégager des revenus et assumer des salaires. J'entends bien qu'il s'agit de contrôler les coûts mais la mesure ne serait-elle pas restrictive pour des clubs en mesure de bien rémunérer leur joueurs? C'est là un réflexe typiquement français que de vouloir "harmoniser" à l'échelle européenne pour contrôler les coûts sans avoir à se poser la questions du travail à effectuer pour améliorer le chiffres d'affaires. Les grands clubs européens qui bossent pour dégager des revenus importants et octroyer des salaires conséquents sans pour autant se mettre dans le rouge vont rigoler quand on va venir leur expliquer qu'il faut maintenant caper le montant des salaires. 
  • Sinon, cette mesure est valable pour les autres sports??? 
  • Le texte motive son utilité par un contrôle des coûts et un maintien de l'incertitude du résultats. C'est un classique dans la régulation des ligues pro : les propriétaires de clubs interpellent souvent le régulateur/législateur sur le besoin impérieux d'instaurer un salary cap en faisant valoir l'intérêt général et celui des fans (une compétition équilibrée et indécise) en y voyant surtout une possibilité de contrôler ses coûts. Voyez le cas du Milan AC. 
  • Les députés qui proposent ce texte considèrent "qu’il est légitime de répondre aux aspirations de l’opinion publique sur la limitation de la masse salariale des clubs sportifs européens."Je voudrais bien qu'on m'explique ce que l'opinion publique y connait en régulation du sport pro. Veut-on limiter les salaires pour préserver l'équilibre compétitif, pour éviter les déficits ou encore dire au citoyen/électeur "regardez, ces joueurs trop payés, nous allons limiter les salaires indécents". 
  • Quelle méthode retenir? Un plafonnement absolu? Dans ce cas aucun club ne pourra dépenser plus qu'une base 100. Comment motiver cela après des clubs qui génèrent 1000 de revenus? Un plafonnement relatif? Dans ce cas la masse salariale d'un club ne pourrait excéder disons 50% du chiffre d'affaires d'un club. Dans ce cas, la moitié de 1000 fera toujours plus que la moitié de 100. 
  • Sinon, il y a un truc simple pour limiter les déficits, cela s'appelle une bonne gestion et ça consiste simplement à ne pas dépenser plus qu'on a et ça marche très bien sans salary cap. 
  • Enfin, les outils de régulation du marché des joueurs (transferts et salaires) pour favoriser un maintien de l'équilibre compétitif fonctionnent convenablement dans un système fermé. Veut-on alors à terme une super-ligue européenne qui édicterait ses propres règles (autre serpent de mer). 

vendredi 20 juillet 2012

Zlatan n'est pas assez payé

Dans la foulée de la signature de Zlatan, nombreux ont été les réfractaires aux montants engagés exprimant une position allant de la gêne à la dénonciation. Dans la sphère politique, Roselyne bachelot a fait part de son indignation et de son dégoût : 
"Cela suscite chez moi de l'indignation et presque du dégoût que de voir ces salaires incroyables alors que dans nos petits clubs de football, on se bat comme des chiens pour arriver à faire vivre ces clubs, ces 2 millions de gosses qui jouent au pied des barres d'immeuble et dans les petits bourgs ruraux. Ça suscite chez moi de l'inquiétude."
De son côté, Valérie Fourneyron (Ministre des Sports) considère le salaire de l'attaquant suédois comme
"astronomique et déraisonnable, à l'image de ce qu'on peut déplorer dans le football"
Jérôme Cahuzac (Ministre du budget) reste sur un classique, celui de l'indécence : 
"On parle de 15 millions d'euros net d'impôts. Ils sont indécents à un moment où dans le monde entier chacun doit faire des efforts, connaît les conséquences terribles d'une crise que d'ailleurs la financiarisation du monde de l'économie avait provoquée. Cette même financiarisation semble s'emparer de plus en plus chaque mois ou chaque année du football"

France Inter y va alors de son émission "le téléphone sonne" consacrée à l'argent fou du foot . 

Exemple de réaction sur le site de France Inter lors de l'émission du "téléphone sonne", ma pov' dame, on nous cache tout on nous dit rien, tout ça c'est magouille et compagnie
Notez qu'il y a là pas grand chose de nouveau. Les salaires des sportifs et des footballeurs en particulier ont toujours suscité de vives réactions. A tel point qu'en mars dernier (bien avant l'épisode "Zlatan" donc), Frédéric Thiriez - Président de la LFP - y était allé de sa tribune dans le Figaro. Extraits : 
"Oui, les footballeurs de notre championnat sont « sous-payés » par rapport à nos concurrents européens. Le salaire moyen en Premier League anglaise est deux fois et demie supérieur à ce qu'il est en France ; en Italie et en Espagne, deux fois supérieur. Et pourtant nous nous battons contre eux en coupes d'Europe. Pour autant que le mot ait un sens dans une économie de marché, non, nos footballeurs ne sont pas troppayés ! Et ce sont, au demeurant, d'excellents contribuables : ils rapportent à l'État chaque année 320 millions d'euros d'impôt sur le revenu. Il faut dire que les joueurs de nos clubs sont, eux, astreints à résider en France toute l'année, près de leur club, et ne peuvent donc pas se domicilier fiscalement en Suisse, comme les tennismen..." 
Loin de moi l'idée de railler les réactions émotives mais à déplorer et dénoncer les salaires des joueurs on se prive d'une réflexion sur les fondements et conséquences économiques de la rémunération des superstars. Ce type d'analyse émergeait parfois dans le bruit médiatique. Il me semble intéressant de le mettre en valeur parce qu'elles dépassent les idées reçues. J'invite le lecteur à écouter par exemple l'édition de 13h00 du journal d'Inter du 18 juillet. L'économiste du sport Wladimir Andreff y dit des choses intelligentes. Voyez aussi l'entretien de Vincent Chaudel pour l'Equipe. Il explique : 
"Le PSG entre aussi dans une stratégie globale de rayonnement du Qatar. Pour autant, les 250 millions d'euros investis dans le rachat et les transferts ne le seront pas forcément à perte. Même s'il y a des freins à l'accroissement des revenus, comme la taille du Parc des Princes, l'équation reste rationnelle. D'un côté, le PSG doit dépenser vite et beaucoup pour entrer dans la cour des grands clubs européens. De l'autre, il se constitue un beau capital joueurs tout en améliorant ses performances. (...) Il paie aujourd'hui son ticket d'entrée dans le Gotha européen mais n'aura plus besoin demain de dépenser autant. A condition bien sûr de se qualifier tous les ans pour la Ligue des champions. C'est la clé."
Bastien Drut, l'auteur de l'excellent "économie du football professionnel", dit des choses pertinentes dans une interview pour Atlantico et dans un billet intitulé "Le PSG, Silva et Ibrahimovic : des transferts à prix d'or, mais qui rapportent".

Anthony Davière, pour 20minutes, a sollicité mon point de vue. Pour aller plus loin, je reviens ici sur quelques idées sans pour autant verser dans la démonstration professorale et théorique.


Pourquoi le salaire d'Ibrahimovic est-il si élevé?

Un club de football évolue dans un environnement incertain caractérisé par une forte concurrence économique et sportive. La capacité d'un club à dégager un chiffre d'affaires dépend en grande partie de son classement soumis par nature à la glorieuse incertitude du sport. Pour atténuer ce risque, il faut recruter du talent. Parce qu'il est une superstar (un attaquant international ayant évolué dans les plus grands clubs) doté d'un savoir-faire rare, Zlatan opère sur le secteur primaire du marché du travail sportif caractérisé par des salaires élevés. C'est un employé hautement qualifié qui négocie sa rareté dans une configuration à son avantage, c'est à dire un monopole contrarié (un seul joueur pour quelques clubs "en mesure de se l'offrir"). La performance sportive d'un club est indexée sur sa puissance financière et plus particulièrement à sa masse salariale. Les économistes du sport Kuper et Szymanski écrivent dans soccernomics : 
"In short, the more you pay your players in wages, the higher you will finish. " (p.48)
Pour s'assurer la parfaite implication de Zlatan et l'inciter à être "performant et productif", le PSG lui octroie un salaire d'efficience, c'est à dire plus élevé de ce à quoi il pourrait prétendre dans un autre club. 
Budget et classement en L1, saison 2010-2012 (source: DNCG)

Pourquoi ce salaire choque t-il? 

  1. Le football reste un sport et, y compris dans sa dimension professionnelle, cela est envisagé comme un jeu. Puisqu'il s'agit d'une activité ludique (on joue au foot), on a vite fait de s'affoler de la rémunération d'un mec en short qu'on considère tout juste bon à pousser la balle. 
  2. Cela pose aussi la question du mérite et de l'utilité sociale. D'un côté on vous dira que les joueurs fournissent "du rêve", génèrent de la fierté locale, de l'identification, de l'exemplarité, du plaisir, du bonheur... et que cela n'a pas de prix. D'un autre, on vous dira que les médecins sauvent des vies, que les enseignants transfèrent du savoir et que le smicard trime dans un emploi précaire et pénible... Pour trancher ce débat il faut se mettre sur le terrain de l'éthique, de la morale et de la politique ou bien au comptoir du troquet du coin. 
  3. Le footballeur traîne la sale réputation d'un débile léger qui parvient tout juste à aligner sujet-verbe-complément. Il est bon de lui taper dessus, de le taxer de parvenu voir de "mercenaires scandaleusement payés". Pour aller plus loin sur cela, je vous invite à redécouvrir le travail de Stéphane Beaud. 

Quelques questions à se poser

A mon sens, pour aller au delà du bien et du mal et dépasser la réaction émotive, on peut se poser quelques questions stimulantes: 

  1. Les joueurs sont-ils rémunérés avec de l'argent public? Notez que l'octroie de subventions est largement encadré et plafonné par la loi (2,3 millions dʼeuros pour des missions dʼintérêt général). En théorie, une subvention ne peut servir à rémunérer un joueur. En revanche, si un club est en mesure de verser des salaires qui choquent, les collectivités devraient être moins souples sur les modalités de soutien indirect (conditions de mise à disposition d'un stade par exemple). 
  2. Le club achète t-il du succès à crédit? Il existe deux grands types de modèles économiques dans le football professionnel. Dans le premier, le chiffre d'affaires composé des droits TV, du merchandising et de la billetterie couvre difficilement les charges et les clubs vendent des joueurs pour parvenir à l'équilibre. Dans le second modèle, "un mécène"investit à fonds perdus. Plus largement, cela pose la question de l'achat à crédit du succès sportif et donc de l'équité des compétitions (voir le fair play financier). Il faut aussi demander ce qui se passe lorsque le mécène décide d'arrêter de mettre la main à la poche.
  3. Que rapporte Zlatan au club? Le transfert de Zlatan a été envisagé par le prisme de ce qu'il coûte au club et non de ce qu'il lui rapporte. Nous pouvons formuler l'hypothèse audacieuse que les joueurs les plus payés au monde ne le sont pas assez au regard de leur productivité. Les superstars comme Messi, Ronaldo et Zlatan ont une triple influence sur leur club qu'il est difficile d'évaluer : la première est sportive (leur contribution à la performance sportive), la deuxième est commerciale (le fameux maillot floqué, les affluences accrues, les téléspectateurs gagnés...), la troisième est marketing (le transfert d'image et de réputation entre Zlatan et le PSG qui aide le club parisien à gagner une notoriété globale). Ne peut-on dire par exemple que Gignac coûte plus à l'OM que Zlatan au PSG (sous réserve qu'il répercute à Paris ses performances passées). 
Compte de résultat du PSG en 2010-2011 (source DNCG)

Pour aller plus loin :