Lors d'un voyage aux États-Unis en 2019, j'ai eu l'occasion d'aller voir jouer les Washington Nationals. Cette année là, portée par la folie Baby Shark, l'équipe de baseball de la capitale allait remporter les World Series pour la première fois de son histoire. Ici et là dans les tribunes, on distinguait de nombreux supporters qui portaient les couleurs des Expos de Montréal. Les Expos ont été la première franchise de MLB à évoluer en dehors des États-Unis. À la fin des années 1960, la Ligue Nationale opère une expansion pour porter son nombre d'équipes de 10 à 12. La ville de Montréal qui vient tout juste d'accueillir l'exposition universelle de 1967 est en plein développement. La franchise y est installée et jouera une grande partie de son histoire au stade olympique. Le 29 septembre 2004, après 36 saisons, les Expos disputent leur dernier match au Canada puis est délocalisée à Washington. Un mythe du baseball : Qui a tué les Expos de Montréal ?est un documentaire réalisé par Jean-François Poisson et disponible sur Netflix. En 1h30, le film dissèque les choix politiques et économiques mais aussi les tensions entre propriétaires qui ont conduit à l'inévitable départ des Expos. Voici 5 bonnes raisons de regarder Qui a tué les Expos de Montréal ?*
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mardi 28 octobre 2025
lundi 28 octobre 2024
5 bonnes raisons de voir "The Comeback: 2004 Boston Red Sox"
La semaine dernière j'ai vivement recommandé "The Turnaround". On reste sur Netflix, on reste dans le baseball mais on passe de Philadelphie à Boston. "The Comeback" est disponible depuis le 23 octobre. Le docusérie est composé de 3 épisodes passionnants qui reviennent sur la saison victorieuse des Red Sox en 2004 mettant fin à 86 années de disette. Voici donc 5 bonnes raisons de regarder de s'intéresser à ce documentaire.
- La rivalité : La série décrypte l'intense rivalité entre les Red Sox et les Yankees qui atteint son paroxysme en 2004. Le documentaire évoque la malédiction du Bambino, le recrutement raté de la super star Alex Rodriguez qui faute de rallier les Red Sox ira aux Yankees. S'ensuivra une échauffourée lors du match du 24 juillet 2004. Le documentaire expose clairement la différence de culture et de management entre les équipes.
- Le management : pour rattraper les Yankees qui dispose d'une plus grosse masse salariale, les Red Sox souhaitent recruter Billy Bean (oui oui, on parle de Brad Pitt dans Le stratège : voyez cette scène). Le manager d'Oakland accepte, se rétracte et conseille au club de confier le poste à Theo Epstein âgé de seulement 28 ans. La série détaille son rôle déterminant et sa vision stratégique, pour bâtir non seulement une équipe compétitive mais aussi une bande de potes.
- Les joueurs : on prend plaisir à suivre cet effectif de joueurs fantasques au tempérament explosif. Les interviews, images d'archive (y compris dans les vestiaires) sont rafraichissantes. Il faut voir les Red Sox s'envoyer quelques Jack Daniels avant un match décisif...
- Fenway Park : le documentaire donne aussi l'occasion de voir et revoir Fenway Park et ses fans. J'ai détaillé ici une expérience matchday dans ce ballpark mythique.
- Une bonne entrée en matière dans le baseball : le baseball est un sport confidentiel en France. La MLB délocalise des rencontres à Londres mais a du renoncer à le faire à Paris en 2025. Le public français peut considérer ce sport comme ennuyeux, incompréhensible, pénible à suivre, et les rencontres trop longues. Ce documentaire ne met pas tant l'accent sur le terrain que sur ce qui se passe autours. On peut pendre plaisir à regarder les trois épisodes sans ne rien comprendre aux règles. Si vous avez apprécié, Netflix diffusera en 2025 un documentaire sur les coulisses de le saison 2024 de la franchise de Boston.
mardi 22 octobre 2024
5 bonnes raisons de voir "The Turnaround"
Celles et ceux qui suivent ce blog depuis longtemps se souviennent que fut une époque où je prenais le temps de recommander des films et séries. Faute de temps, d'envie, ou considérant peut-être à tort qu'un blog n'est plus le support le plus plébiscité par mes étudiants, j'alimente de moins en moins cet espace. Alors, si je me motive aujourd'hui à vous parler de The Turnaround (Netflix), c'est vous dire à quel point j'ai trouvé ce documentaire fabuleux. Voici donc 5 bonnes raison de regarder The Turnaround.
- Ça parle de baseball : peut-être suis-je d'autant mieux entré dans ce documentaire qu'il évoque l'un de mes joueurs préférés évoluant dans l'une de mes franchises favorites. Trea Turner est un shortstop élégant et rapide sur bases, il sait tout faire. Je l'ai vu jouer en 2019 lorsqu'il a gagné le titre avec Washington. Après un passage aux Dodgers, il signe un contrat de 300 millions de dollars sur 11 ans avec Philadelphie (je parle ici d'une expérience matchday). En 2023, le joueur rate tout ou presque. Il ne frappe plus une balle, il commet des erreurs grossières en défense à tel point qu'une partie du public le chahute.
- Ça ne parle pas que de baseball : Oui mais voilà, le documentaire ne s'intéresse pas à Trea Turner mais plutôt à Jon McCann, le Philly Captain, un Super Fan dévoué, décidé à encourager Turner. Le documentaire relate la renaissance de l'un et de l'autre. Ou plutôt de de l'un par l'autre. Le documentaire dit bien plus de choses que ne le laisse supposer son malheureux sous-titre en français ("une stade derrière son champion").
- it's nice to be nice : au lancement du documentaire, vous serez peut-être surpris de lire un avertissement. Ça parle de suicide et de santé mentale. The Turnaround évite le piège de la feel good story acidulée. Mais ça fait du bien. Les co-réalisteurs expliquent : "We all have a choice of how we want to approach the world around us and all its challenges. Do you boo? Or do you give all the love you can give? Jon's answer inspired us to make this film." (mlb.com)
- Kyle, Ben, Barack et Michelle : le documentaire est co-réalisé par Kyle Thrash, originaire de Philadelphie, et Ben Proudfoot qui a déjà remporté un oscar du meilleur documentaire pour "The Queen of Basketball". Au générique vous verrez les noms de Barack et Michelle Obama qui ont produit le documentaire.
- 25 minutes : Le documentaire est une épure à la limite du contemplatif. Et pourtant, tout en équilibre et finesse, il va à l'essentiel et vous arrachera peut-être une larme. Et si vous n'aimez pas, vous n'aurez perdu que 25 minutes.
samedi 27 février 2016
[à voir et écouter] au sujet de la FIFA
Cette semaine, France Inter a consacré deux excellentes émissions à la FIFA. Vous pouvez écouter ici "FIFA: 40 ans d'impunité" dans secrets d'info et "Le mafia blues de la FIFA" dans l'oeil du tigre. Retrouvez aussi le documentaire "La planète FIFA" diffusé sur Arte.
dimanche 26 février 2012
RC Strasbourg : Chronique d'un désastre sportif
Le fan de sport apprécie les histoires d'Underdog, celles où le bon à rien ou l'équipe de bras cassés se révèle pour accéder au titre. Car le sport spectacle n'est qu'un champ ouvert des possibles de plus en plus restreint selon que l'écart sportif et économique est vaste entre les opposants. On aime l'Underdog car il casse un modèle de domination annoncée, il perturbe l'issue probable d'un match, il brise la corrélation entre masse salariale et résultats sportifs, en somme il déjoue le pronostic.
Souvenez vous de Michael Chang à Roland Garros en 1989, de l'épopée calaisienne en Coupe de France 1999/2000, des titres du Danemark (1992) et de la Grèce (2004) en Championnat d'Europe de football, ou voyez la naissance du "phénomène" Linsanity en NBA de suite sous nos yeux.
Le cinéma apprécie particulièrement cette trame dramatique. Par exemple, Moneyball en course ce soir pour l'oscar du meilleur film relate la série d'invincibilité des Oakland Athletics, équipe de la MLB qui compense une faible masse salariale par une approche statistique de la performance sportive. Pour rester dans le baseball, voyez les films rêve de champions (The Rookie) ou encore l'épopée des Indians (je tiens l'entrance de Charlie Sheen sur Wild Thing pour une des meilleure scène du cinéma de tous les temps ! ). Cela dit, la figure archétypale de l'underdog est surement Rocky Balboa. Dans un registre comique, voyez par exemple les prestations d'Adam Sandler dans Waterboy et Happy Gilmore, ou même encore Vince Vaughn dans DodgeBall.
Mais à la belle histoire il faudrait opposer des radioscopies des déchéances sportives, faire la petite histoire des catastrophes annoncées, analyser les itinéraires et les trajectoires qui finissent droit dans le mur.
C'est l'objet d'un documentaire radiophonique diffusée en novembre 2011 dans l'excellente émission de France Culture "sur les docks". Ce reportage en deux parties propose un "retour sur les épisodes qui ont précipité le Racing Club de Strasbourg en CFA 2. En quelques années, sur le plan sportif, le Racing Club de Strasbourg a chuté de la Ligue 1 à la CFA 2 (5ème division)"
| Le tifo "vaincre" du RC Strasbourg en finale de la Coupe de la Ligue 2005 (archive perso) |
Si je vous invite à écouter ce documentaire ce n'est pas par passion pour le Racing (supporter du Stade Malherbe, je n'oublie pas la défaite en finale de Coupe de Ligue en 2005 ou encore le départ d'Alexander Mostovoï !), c'est qu'en filigrane on comprend en quoi ce qui se joue en dehors du terrain a des conséquences sportives. Les lectures par l'économie du sport sont nombreuses : la mutation du modèle économique (théorisée par Andreff et Staudohar en 2000 dans l'article “The Evolving European Model of Professional Sports Finance”, Journal of Sports Economics, 1 (3), 257-276 : lire sur ce lien une version de 2002 de cette contribution), désengagement de la municipalité et les nouveaux statuts des sociétés sportives (voir les articles L. 122-1 à L. 122-11 du code du sport), l'émergence d'un nouveau business model reposant sur l'exploitation d'un stade neuf, la motivation des actionnaires (théorisée par Sloane dès1971 pour le football européen)...
Bref, je vous laisse découvrir le documentaire de Christophe Deleu et François Test.
Bref, je vous laisse découvrir le documentaire de Christophe Deleu et François Test.
"Racing Club de Strasbourg - I : Regarde un club tomber"
"Racing Club de Strasbourg – II : Revenir, encore et toujours"
Pour ceux qui n'ont pas le courage d'écouter ces 2 heures d'émission mais qui veulent une réponse à "Comment en est-on arrivé là?" je recommande la lecture de l'article "Vous n'aurez plus l'Alsace..." de Nicolas Ksiss-Martov.
Et puisque nous sommes dans le registre de la catastrophe (et dans l'Est de la France), vous pouvez poursuivre cette explorations des abimes par le documentaire "chute libre" consacré au FC Metz. On y suit le club lorrain pendant la saison 2005/2006 sanctionnée par une relégation inévitable.
Je n'ai pas retrouvé le documentaire complet, voyez donc cet extrait de 8 minutes.
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