Le site SeatPick s'est distingué pendant la Coupe du Monde de football en évaluant la qualité de la Fan Experience dans onze stades américains accueillant la compétition. Le classement, repris par des médias comme le New York Post ou Yahoo Sport a eu un certain retentissement, aussi parce que l'ultra-moderne SoFi Stadium de Los Angeles y figurait en dernière position.
SeatPick propose cette fois d'évaluer l’expérience maychday dans les stades de Ligue 1. le Roazhon Park (Rennes) obtient le meilleur score, avec 74 points sur 100. Le classement a été relayé considérant le très faible score du PSG, plombé par les tarifs de la billetterie. Le public y paie en moyenne 49 € pour un billet, soit près de 97 % de plus que la moyenne de 24,90 €.
| source : seatpick |
Si on peut se réjouir d'une tentative d'objectivation de la Fan Experience, qui n'est pas sans rappeler le Fan Cost Index de Team Marketing Report, il faut pour autant faire preuve de discernement en disséquant la méthodologie mise oeuvre. Elle repose sur trois indicateurs équitablement pondérés : le prix moyen d’un billet, la note du stade sur Google Reviews et le coût moyen d’une bière et d’un repas dans la ville d’accueil.
Ce faisant, l'étude réduit la qualité de l’expérience du supporter à un faible nombre de critères pas toujours des plus pertinents et masque par un système de moyennes et de score la grande diversité des attentes des publics. On peut par exemple s'interroger sur la mobilisation d'une variable qui estime la prix d'un repas au restaurant dans la ville hôte du stade alors qu'il s'agirait d'évaluer la qualité et la diversité des offres F&B à l'intérieur des enceintes. On commence à avoir de la littérature académique sur cette question. J'encadre d'ailleurs le mémoire d'un étudiant du Master MDS de Caen intitulé : "Que mange-t-on au stade ? De la buvette traditionnelle à l'expérience Food & Beverage. Amélioration de l'offre dans le football professionnel français". L'étude ne s'attache pas non plus à expliciter la grandes diversité des variables produisant la singularité d'une fan experience dans le football. C'est un travail que réalise par exemple une autre étudiante dans un mémoire consacrée au handball.
Ce classement n'est pas dénué d'intérêt, il faut toutefois le citer avec précaution, sans oublier qu'il a été établi par un acteur qui cherche à promouvoir sa solution de comparaison des tarifs billetterie. Une fan experience ne peut se limiter à l'expérience perçue du public ou à la sur-estimation du prix de la place. Il faut tenir compte de la grande diversité des fans aux attentes différentes et de la complexité de l'expérience de consommation in stadia. Je rappelle d'ailleurs ces éléments dans ce billet ou encore ici.
On pourra préférer les études produites par la Ligue de Football professionnel, nettement plus complète par la diversité des variables intégrées.